Safwene Grira
22 Septembre 2016•Mise à jour: 22 Septembre 2016
AA/ Lubumbashi (RDC)/ Didier Makal
Le miel est rare et cher à Lubumbashi, deuxième grande ville de la RD Congo, située dans le sud. Les boulangeries en proposent aux clients, mais son prix le rend souvent inaccessible pour une grande partie de la population.
Au centre de Lubumbashi, sur l’avenue Laurent-Désiré Kabila, une boulangerie propose du miel à 2500 Francs congolais ( 2,5 dollars) le pot de 200 grammes. Le miel coûte cher, parce que rare et Lubumbashi n’en produit que très peu, selon des apiculteurs et des connaisseurs locaux.
Près de 1000 litres de miel sont chaque année acheminés vers la grande ville du sud à partir des régions avoisinantes, notamment Sakania (100 à 150 litres), Dilolo-Kasaji, dans le Lualaba (200 à 300 litres) et Kamina (200 litres), selon l'association des apiculteurs de Lubumbashi (Fontanela) qui compte en tout quatre personnes.
Une quantité qui ne peut suffire aux quelques 6 millions de consommateurs que compte la ville, note l’ingénieur agronome Abdon Kutshili qui s'est mis à l’apiculture depuis sa sortie de l'université. Il estime que cette situation est "anormale" dans la mesure où "Lubumbashi peut produire du miel et arrêter d'en importer".
Sauf que pour ce faire, des financements conséquents sont nécessaires et c'est là le principal problème, souligne Kutshili.
Si Lubumbashi ne produit pas le miel suffisant à ses besoins, c’est en partie parce que fermiers et hommes d’affaires ignorent que cette activité peut leur permettre de s'assurer beaucoup de bénéfices, estime, pour sa part, François Matal, directeur du jardin botanique de la ville.
Pour Matal, le développement de l'apiculture moderne permettra non seulement de subvenir aux besoins de Lubumbashi mais aussi de créer des emplois et des richesses. "Cependant on s'accroche encore aux méthodes traditionnelles de production", se désole-t-il.
Produire du miel made in Lubumbashi est le défi de Abdon Kutshili et ses associés de Fotanela. Un objectif qui se trouve cependant confronté à une difficulté majeure, celle du financement.
Toutes les démarches entreprises pour convaincre des bailleurs de fonds potentiels et les autorités politiques de financer sa technique sont restées lettre morte, explique Kutshili à Anadolu. pourtant "Le miel, ça peut faire un bon business. Il fonctionne comme antidote du poison, il soigne, les femmes l’utilisent pour le soin de la peau… tout le monde aime le miel", ajoute-t-il.
Pour produire son miel, Matal explique qu'il se contente d'offrir le cadre propice aux abeilles qu’il accueille dans les ruches du jardin botanique à l'est de Lubumbashi.
«Il y a beaucoup d’arbres mellifères dans plusieurs fermes, presque partout au sud de la RDC, dans les forêts et les bois», explique le botaniste qui ambitionne d'installer 200 ruches et devenir ainsi le principal producteur de miel de la région.
En attendant les habitants de Lubumbashi, du moins les mieux nantis d'entre eux, continuent à s'approvisionner en miel importé soit des régions voisines soit clandestinement à partir de la Zambie.