Nadia Chahed
27 Septembre 2017•Mise à jour: 27 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Vingt eurodéputés vont parrainer 20 activistes congolais issus d'organisations de défense des droits humains et de mouvements citoyens, afin de leur apporter une meilleure protection dans leur combat, indique un communiqué du Mouvement mondial des droits humains (Fidh).
"Les activistes menacés pourront compter sur la mobilisation de leurs parrains eurodéputés pour informer, alerter et mobiliser la communauté internationale sur leur sort et agir en leur faveur", indique le communiqué publié mardi soir sur le site de Fidh.
L'objectif de ce nouveau mécanisme est "de permettre aux activistes de la société civile d’être mieux protégés en cette période de violence politique", a déclaré Floribert Anzuluni du mouvement citoyen congolais Filimbi cité dans le communiqué.
Des dizaines d’activistes en RDC sont "arrêtés, harcelés et emprisonnés arbitrairement pour exiger que leur droit à choisir librement leur dirigeant soit respecté […] Nous ne voulons pas encore une fois que notre vote soit volé par nos dirigeants", a-t-il rappelé.
Paul Nsapu, secrétaire général adjoint de la Fidh a, pour sa part, relevé que protéger les défenseurs des droits humains et les activistes des mouvements citoyens constitue en RDC, en Afrique et partout dans le monde " une condition essentielle à l’émergence de l’expression démocratique".
La RDC traverse depuis près d'une année une crise politique déclenchée par la non tenue des élections dans les délais soit en décembre 2016, fait qui a consacré le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au delà de son mandat constitutionnel arrivé à terme le 19 décembre 2016.
Un accord politique a ensuite été signé entre les autorités et l'opposition le 31 décembre 2016, cet accord prévoit entre autres la tenue des élections avant la fin de l'année en cours, un délai qui risque fort de ne pas être respecté selon la commission électorale qui évoque des retards au niveau de l'enregistrement des électeurs.
L’opposition et la société civile, accusent Kabila de manœuvrer pour reporter "indéfiniment" les élections afin de rester au pouvoir.