Nadia Chahed
05 Avril 2017•Mise à jour: 06 Avril 2017
AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
Deux groupes armés ont pris le contrôle de la localité de Ngaoundaye, frontalière avec le Tchad et le Cameroun, dans l'extrême nord-ouest centrafricain, a appris Anadolu, mercredi, auprès d'un responsable local.
Des hommes armés relevant, respectivement, du "Mouvement patriotique pour la Centrafrique" (MPC-ex-Séléka) et du Mouvement de résistance, "Révolution-Justice" ( RJ), ont attaqué, lundi soir, la localité de Ngaoundaye dont ils ont fini par prendre le contrôle mardi matin, a précisé dans une déclaration à Anadolu, Bernard Dila, député de cette localité.
"Ils ont occupé les locaux de la brigade de gendarmerie et du commissariat de police", a-t-il poursuivi. "Toute la population s’est enfuie vers les forêts voisines. Seuls les hommes armés sont visibles dans la ville", a-t-il encore déploré.
Interrogé sur les dégâts humains et matériels occasionné par cette attaque, il a déclaré qu'il était "difficile d'établir de bilan faute de connexion téléphonique avec la localité", ajoutant que les quelques informations qu'il détient proviennent d'habitants qui ont réussi à fuir vers des zones couvertes par les réseaux téléphoniques du Cameroun et du Tchad voisins".
Pointant du doigt le "laxisme" de la Mission onusienne en Centrafrique (Minusca), Bernard Dila a appelé à la démission du chef de cette mission, Parfait Onanga Anyanga.
"J’avais déjà attiré l’attention des autorités centrafricaines et de la Minusca quant à l'importance de protéger la localité de Ngaoundaye, étant donné l’intérêt stratégique de cette ville frontalière, située à mi-chemin entre le Tchad et le Cameroun, d'autant qu'elle était, à ce jour, la seule localité de la préfecture de l’Ouham-Pendé où l’autorité de l’Etat prévalait encore".
La Minusca n’a toujours pas réagi ( 14:00 GMT) aux propos de Dila.
Contacté par Anadolu, le Commandant Armel Sayo, dirigeant du mouvement RJ, a démenti toute implication de son mouvement dans cette opération.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé mardi les groupes armés sévissant en RCA à "mettre fin à toutes les violences et d'honorer leur engagement en faveur du désarmement, de la démobilisation, du rapatriement et de la réintégration (DDRR)", a rapporté mercredi le site "Journal de Bangui".
Cette demande s'adresse, particulièrement, au Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et à l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), a ajouté la même source, rappelant que les récents affrontements entre ces deux factions rivales de l'ex-Séléka (groupes politico-militaires de confession musulmane) , dans la région de Bambari (centre), ont fait plusieurs morts et provoqué des déplacements de la population.
La paix reste encore fragile en Centrafrique, un pays qu'un coup d'Etat a fait basculer, en 2013, dans un conflit intercommunautaire qui a fait quelques milliers de morts, selon l'ONU.
Les élections générales de décembre 2015-mars 2016 ont certes doté le pays de nouvelles institutions et contribué à un retour relatif au calme, mais elles n'ont pas pu empêcher la résurgence de violences sporadiques.