Behram Abdelmunim Mohamed Mustafa
30 Décembre 2021•Mise à jour: 30 Décembre 2021
AA / Khartoum
Le ministère soudanais de la Santé a déclaré, ce jeudi, que l'ampleur de la répression de la manifestation du 30 décembre par les forces de l’ordre et le bilan des victimes dans la ville d'Omdourman, à l'ouest de la capitale, Khartoum, "dépassait l’imagination".
"Les forces de l’ordre ont empêché les ambulances de passer pour transporter les blessés qui ont participé aux manifestations", a ajouté le ministère dans un communiqué.
Il a appelé "tous les médecins et cadres de santé à se rendre à l'hôpital al-Arbaeen d'Omdourman, en raison de l'incapacité du personnel médical disponible à fournir les soins à tous les blessés, car l'ampleur de la répression et des blessures a dépassé l’imagination". Le ministère n'a pas précisé ni le bilan, ni la nature des blessures.
Des manifestations ont eu lieu dans la journée du jeudi à l’appel de l’Association des professionnels soudanais et des Comités de résistance pour protester contre l'accord politique signé entre le président du Conseil de souveraineté, Abdel Fattah al-Burhan, et le Premier ministre Abdullah Hamdok, et pour exiger le retour à un régime civil démocratique.
Depuis le 25 octobre dernier, le Soudan a été le théâtre de protestations contre les mesures prises par al-Burhan, dont notamment, la déclaration de l'état d'urgence, la dissolution du Conseil de souveraineté ainsi que celui des ministres de transition, la destitution de Hamdok et l'arrestation de dirigeants et de responsables de partis.
Les forces politiques et civiles ont considéré ces mesures comme un "coup d'Etat militaire", ce que l’armée a démenti, en qualifiant ces mesures de "correctives".
Les autorités sécuritaires ont fermé certains ponts et rues du centre de Khartoum, dans les journées de mercredi et de jeudi, avec des conteneurs, des barbelés et des barrières en béton pour empêcher l’arrivée des manifestants rejetant le "régime militaire", à proximité du palais présidentiel.
Le 21 novembre dernier, le chef de l'armée, Abdel Fattah al-Burhan, et le Premier ministre Abdullah Hamdok avaient signé un accord politique qui prévoit le retour de ce dernier à ses fonctions, la formation d'un gouvernement de compétences et la libération des détenus politiques. Les deux parties se sont engagées à travailler ensemble pour achever la transition démocratique.
Cependant, les forces politiques et civiles soudanaises ont considéré l'accord comme une "tentative de légitimer le coup d'État" et se sont engagées à poursuivre les protestations jusqu'à l’instauration d’un régime totalement civil, pendant la période de transition.
Le Soudan traverse, depuis le 21 août 2019, une période de transition de 53 mois, qui devait se terminer par la tenue des élections. Au cours de cette transition, le pouvoir était partagé entre l'armée, les forces civiles et les mouvements armés qui ont signé un accord de paix avec le gouvernement, le 3 octobre 2020.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.