Lassaad Ben Ahmed
18 Décembre 2017•Mise à jour: 18 Décembre 2017
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
La Tunisie, l’Algérie et l’Egypte ont appelé toutes les parties libyennes à placer l’intérêt national du peuple libyen au-dessus de toute considération, en faisant prévaloir le langage du dialogue et du consensus, de manière à permettre la mise en œuvre du «plan d’action pour la Libye», proposé par le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies, Ghassan Salamé.
Cet appel a été lancé à l’issue d’une réunion tripartite, tenue dimanche à Tunis dans le cadre de leurs consultations périodiques des ministres des Affaires étrangères de trois pays voisins de la Libye (Tunisie, Algérie et Egypte), via un communiqué final dont l’agence Anadolu a obtenu une copie.
Dans ce document, les chefs de la diplomatie tunisienne Khémaïs Jhinaoui, algérienne Abdelakader Messahel et égyptienne Sameh Chokri, lancent un appel pour «l’achèvement de la période transitoire dans les plus proches délais et dans une atmosphère pacifique, en vue de l’adoption d’une Constitution, la mise en place du pouvoir exécutif et l’instauration d’un climat sécuritaire et politique positif pour l’organisation d’élections législatives et présidentielle».
Ils exhortent, à cet égard, «toutes les parties à assumer leurs responsabilités pour l’aboutissement de toutes échéances prévues dans l’accord politique».
Signé le 17 décembre 2015 à Skhirat (Maroc), cet accord qui a donné naissance au Conseil présidentiel du gouvernement du consensus national à Tripoli et au Conseil supérieur de l’Etat, fait l’objet de divergences entre les parties du conflit en Libye.
Les trois ministres réitèrent, par ailleurs, le refus de toute intervention étrangère en Libye et toute forme d’escalade au plan intérieur ou «toute tentative de quelque partie libyenne qui soit, visant à saper le processus politique».
Ils réaffirment «leur attachement à l’unité et à la stabilité de la Libye et à son intégrité, notant que le règlement politique (de la crise) doit être libyen et émaner de la volonté et d’un consensus entre toutes les composantes du peuple libyen, sans exclusive ou discrimination, en se basant sur l’unification de toutes les institutions nationales libyennes, y compris l’institution de l’armée».
Au début de leurs travaux, les trois ministres ont passé en revue les efforts de leurs pays respectifs pour la recherche d’une solution consensuelle entre toutes les parties libyennes, toutes appartenances et toutes orientations confondues, sous l’égide des Nations-Unies, exprimant leur satisfaction de l’action menée par l’émissaire onusien. Ils ont souligné leur appui à ses efforts en vue d’accélérer la mise en application du plan d’action adopté par l’ONU et de trouver une solution politique à la crise libyenne.
Le plan d'action de Salamé est axé autour de trois principales étapes : modifier l'accord de Skhirat, ensuite tenir une conférence nationale réunissant les partis politiques qui n'ont pas participé au dialogue précédent, et enfin, organiser un référendum pour adopter la Constitution et préparer les élections législatives et présidentielle.