Addis Getachew Tadesse
10 Août 2018•Mise à jour: 12 Août 2018
AA / Addis Abeba / Addis Getachew
Le Soudan du Sud n'est plus en état de guerre, selon James Pitia Morgan, l'ambassadeur sud-soudanais en Ethiopie.
L'accord signé dimanche dernier dans la capitale soudanaise, Khartoum, a résolu toutes les questions difficiles liées au partage du pouvoir, à la gouvernance et à la sécurité de manière inclusive, a estimé l'ambassadeur, lors d'une conférence de presse tenue vendredi à Addis Abeba.
"La guerre a pris fin", a-t-il souligné, tout en évoquant le nouveau décret d'amnistie qui permettrait aux rebelles sud-soudanais de retourner à Djouba.
Le Soudan du Sud s'est enfoncé dans le chaos en 2013, lorsque le président Salva Kiir a accusé son ex-adjoint Riek Machar d'un coup d'Etat, une accusation niée par Machar.
La guerre a fait environ 10 mille morts et contraint des centaines de milliers de civils à l’exil. Un accord de paix conclu en août 2015 n’est pas parvenu à mettre fin au conflit.
Selon Morgan, l'accord de Khartoum prévoit une période de pré-transition de huit mois au cours de laquelle les combattants rebelles resteront dans des camps, le temps d'intégrer les différentes factions armées en une seule structire de défense nationale. Après ces huit mois, une période de transition de 30 mois devrait aboutir à des élections et installer ainsi la paix d'une manière durable.
"Ce que nous avons réalisé [à Khartoum] peut être attribué au nouveau chef éthiopien, le premier ministre Abiy Ahmed ... qui a délégué le président soudanais Omar El-Béchir pour poursuivre les réunions en face-à-face entre le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar", a-t-il expliqué.
- Mises en garde et garanties
Abiy Ahmed, qui préside actuellement L'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l'Est, a réuni en juin Kiir et Machar dans son bureau à Addis Abeba, où les deux rivaux se sont serrés la main.
Le dirigeant éthiopien a, par la suite, délégué le président soudanais El-Béchir pour poursuivre les efforts de médiation, en vue de parvenir à un accord, "à défaut duquel, les nations seraient obligés à intervenir".
"Avant l’arrivée d’Ahmed, toute la région de l’IGAD ne fonctionnait pas de manière indépendante. L’IGAD était une organisation dirigée par des étrangers, par la Troïka formée par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Norgève", a ajouté le diplomate sud-soudanais.
Plusieurs observateurs restent toutefois sceptiques quant à la pérennité du nouveau pacte car, en décembre 2017, les parties belligérantes ont rompu un accord de cessation des hostilités dans les trois heures suivant la signature.
Cette fois-ci, le chef rebelle Machar ne serait pas autorisé à se rendre à Djouba avec son armée, a déclaré l’ambassadeur, qui a expliqué l'échec de l’accord d’Addis Abeba de 2015 par le retour précipité de Machar à la capitale.