Hafawa Rebhi
06 Janvier 2018•Mise à jour: 06 Janvier 2018
AA / Khartoum / Adel Abdelrheem
Le Soudan a annoncé samedi la fermeture de sa frontière avec l'Erythrée par un décret présidentiel décrétant l’état d’urgence dans l'Etat frontalier de Kassala.
Ce remarquable développement des événements dans l'est du pays survient quelques heure après le démenti du gouverneur de Kassala Adam Jamaa qui a nié la fermeture des frontières et l’arrivé des forces de l’armée pour la collecte des armes auprès des citoyens.
L'agence de presse soudanaise a rapporté que le gouverneur Jamaa " a pris la décision de fermer tous les passages frontaliers avec l’Erythrée, sur la base du décret présidentiel portant déclaration de l’état d'urgence dans l'Etat de Kassala ".
"La décision prend effet à partir de la soirée du 5 janvier 2018, jusqu'à nouvel ordre ", a ajouté l’agence.
Vendredi, Jamaa a annoncé que les forces soudanaises qui sont arrivées dans l'Etat de Kassala n'avaient rien à voir avec l'Erythrée, niant la fermeture de la frontière entre l'Erythrée et le Soudan.
"Ce qui circule sur la fermeture de la frontière est sans fondement, et aucune directive n'a été émise par le gouvernement central ou l'Etat pour fermer la frontière avec l'Erythrée", a-t-il indiqué à l’agence de presse officielle.
Les médias soudanais ont rapporté, vendredi, que les autorités soudanaises avaient fermé les frontières avec l'Erythrée et que des unités militaires égyptiennes et des factions du Darfour étaient déployées sur la frontière érythréenne.
Lundi prochain, le parlement soudanais discutera d'un rapport sur les décrets présidentiels relatifs à la déclaration de l'état d'urgence dans les États du Nord-Kordofan (Sud) et de Kassala et les ordres d'urgence qui leur sont rattachés.
Le 30 décembre, le président soudanais a émis un décret déclarant l'état d'urgence pendant six mois dans les deux Etats qui souffrent de l’instabilité et de la prolifération des armes.
Situé dans l'est du Soudan, l’Etat de Kassala est frontalier avec l'Érythrée et l'Éthiopie et il est traversé par la route continentale reliant Khartoum à la capitale érythréenne Asmara.
Les mouvements rebelles dans la région soudanaise du Darfour maintenaient auparavant une présence en Érythrée.
Des bandes de trafiquants de marchandises, de traite des êtres humains et de trafic de drogue et d'armes sont actives tout au long de la frontière orientale du Soudan,
Le vice-président soudanais Bakri Hassan Saleh s'est rendu en Érythrée le 20 décembre, où il a discuté avec les représentants érythréens des relations bilatérales.