Mourad Belhaj
22 Octobre 2019•Mise à jour: 22 Octobre 2019
AA – Addis-Abeba – Ibrahim Saleh
L'Éthiopie continuera de construire le barrage de la Renaissance, malgré les "menaces" de l'Égypte et ses "appréhensions infondées", a déclaré le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.
C'est ce qui ressort de la réponse d'Abiy Ahmed aux questions des députés éthiopiens, lors d'une session ordinaire du parlement, suivie par le correspondant d'Anadolu, mardi.
"L'Éthiopie continuera de construire le barrage malgré les appréhensions infondées et les menaces militaires de nos frères égyptiens, a-t-il déclaré. Nous écouterons les Égyptiens et je rencontrerai le Président Abdel Fattah Al-Sisi dans les prochains jours, lors du sommet russo-africain, prévu mercredi et jeudi à Sochi."
Al-Sisi avait annoncé, le 13 octobre, qu'il se rencontrerait prochainement avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, en Russie, pour discuter du problème du barrage de la Renaissance.
Il avait déclaré que l'État égyptien avait élaboré un plan intégré depuis 2014 et qu'il continuait jusqu'à présent à faire face aux répercussions du barrage de la Renaissance, car l'Égypte craint que le stockage de l'eau derrière le barrage réduise sa part des eaux du Nil.
Le Président égyptien avait annoncé, lundi, que son pays déployait des efforts déterminés et équilibrés pour débloquer les négociations sur le barrage de la Renaissance.
Le Caire appelle à ce qu'un médiateur international soit désigné, après que les négociations sur le barrage aient atteint une "impasse", ce que rejette Addis-Abeba.
Le ministère éthiopien de l'Eau, de l'irrigation et de l'énergie avait récemment déclaré dans un communiqué, que "la nouvelle proposition de l'Égypte sur le barrage de la Renaissance est devenue un sujet de désaccord entre les deux pays", selon l'agence de presse officielle éthiopienne.
L'Égypte a, selon le communiqué, proposé de "libérer 40 milliards de mètres cubes d'eau chaque année et de libérer plus d'eau lorsque la hauteur du Haut barrage d'Assouan (sud de l'Égypte) arrive à environ 165 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle a invité une quatrième partie à prendre part aux discussions entre les trois pays (Éthiopie, Égypte et Soudan)".
L'Éthiopie n'a, pour sa part, pas révélé la quantité d'eau qu'elle souhaitait stocker ou libérer chaque année du barrage, mais le Caire ne l'a certainement pas accepté.
Le Caire craint un éventuel impact négatif du barrage sur le flux de sa part annuelle des eaux du Nil, qui s'élève à 55 milliards de mètres cubes, alors que le Soudan en reçoit 18,5 milliards.
Addis-Abeba a déclaré que son objectif n'était pas de nuire aux intérêts de l'Égypte, mais que le barrage avait pour principal objectif de générer de l'électricité.