Nadia Chahed
03 Octobre 2020•Mise à jour: 03 Octobre 2020
AA/Tunis
Le Nord du Mali fait face à une flambée de paludisme due notamment aux conditions météorologiques et aux fortes pluies enregistrées durant la dernière période.
Des pluies diluviennes se sont, en effet, abattues sur les régions du nord du Mali à la fin de l’été, rapporte le quotidien français "Le Monde", notant que les eaux ont emporté maisons, vivres et bétails de près de 11 000 personnes, selon les chiffres du Bureau de la coordination humanitaire (OCHA) des Nations unies au Mali.
Elles ont aussi attiré des bataillons de moustiques qui affectionnent particulièrement les terrains humides et les eaux stagnantes, selon la même source.
Alors que moins de 100 cas de paludisme avaient été déclarés entre janvier et fin août 2019, ils sont plus de 200 cette année sur la même période, rapporte le quotidien français citant une note technique de la direction régionale de la santé à Kidal.
Actuellement, plus de 200 consultations liées au paludisme sont délivrées chaque jour dans le centre de santé de référence de Kidal, précise le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui gère l’hôpital cité par le Monde. Et ce qui est vrai pour cette ville semble aussi l’être pour Ménaka, Tombouctou ou Gao, d’autres cités du nord du pays, "où des renforts et des médicaments ont été envoyés ", précise le CICR.
Rappelant que le paludisme est la première cause de mortalité et de morbidité au Mali, le média français précise qu'en 2018, un millier de personnes en sont décédées sur 2,6 millions de cas confirmés, selon une enquête démographique et de santé.
Toutefois la pluie n’est pas la seule cause de cette hausse inattendue des transmissions, précise encore le Monde citant, notamment, les retombées de la pandémie de Coronavirus qui a crée des ruptures d’approvisionnement, à cause de la fermeture des frontières.
L’embargo imposé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) au lendemain du coup d’Etat militaire le 18 août dernier a quant à lui entraîné des retards considérables au niveau des procédures d'exportation de médicament, précise le même média.
Ainsi les campagnes de chimio-prévention saisonnière (CPS), censées réduire le nombre de transmission n’ont pas eu lieu en juin et juillet comme à l’accoutumée. Dans le sud du Mali, habituellement bien plus touché que le nord, la campagne a débuté mi-septembre, alors que la saison des pluies touche à sa fin. De même à Kidal, note enfin "Le Monde".