Nadia Chahed
22 Août 2018•Mise à jour: 22 Août 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Le gouvernement burundais a demandé, mercredi, au Rwanda voisin de laisser ses réfugiés rentrer librement chez eux, comme le font les réfugiés burundais installés dans d’autres pays.
Cet appel a été lancé lors d'un point de presse animé, mercredi à Bujumbura, par Térence Ntahiraja, assistant du ministre burundais de l’Intérieur et de la formation patriotique.
«Nous demandons au Rwanda de laisser nos réfugiés rentrer librement dans leur pays comme c’est le cas pour ceux qui sont en Tanzanie ou en République démocratique du Congo», a déclaré Ntahiraja, soulignant que «les réfugiés burundais regagnent massivement leur pays, sauf ceux qui sont au Rwanda qui sont obligés de se cacher pour rentrer».
Plus de 212.000 réfugiés burundais sont rentrés au pays, depuis janvier 2016 à ce jour, dont une majorité en provenance de la Tanzanie, a précisé la même source.
Un accord tripartite avait été signé en mars dernier entre le Burundi, la Tanzanie et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), pour un rapatriement volontaire des réfugiés burundais installés dans ce pays.
Selon Térence Ntahiraja, Bujumbura souhaite signer un accord similaire avec Kigali, mais rien n'a pu être fait à ce jour.
Bujumbura accuse Kigali d'empêcher le retour volontaire des réfugiés burundais afin de continuer à bénéficier des «aides qui leur sont destinées», de la part des bailleurs de fonds et des ONG humanitaires internationales.
Lors d’une visite effectuée au début de l'année 2018 au Burundi et au Rwanda, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Filippo Grandi, avait déclaré que le président rwandais Paul Kagame s’était dit favorable à l’organisation de rencontres tripartites entre son pays, le Burundi et le HCR pour que les réfugiés burundais vivant au Rwanda puissent rentrer dans leur pays.
«Les préparatifs sont en cours et nous attendons pour voir la suite », a noté, à ce propos, Térence Ntahiraja.
Kigali n’a pas encore réagi à cette demande de Bujumbura.
Les relations entre les deux pays voisins sont au plus mal depuis plus de trois ans. Bujumbura accuse Kigali d’héberger ses opposants et de les entraîner militairement en vue de sa déstabilisation.
Selon les statistiques du HCR, le nombre de réfugiés burundais dans les pays voisins va decrescendo depuis quelques mois, passant de 420 mille à la date du 31 décembre 2017 à 390. 170 le 31 juillet 2018.
Avec un effectif de plus de 237 mille personnes, la Tanzanie reste le premier pays d’accueil des réfugiés burundais. Elle est suivie par le Rwanda (68 mille), l’Ouganda (42 mille) et la République démocratique du Congo (40 mille). Les autres sont éparpillés dans d’autres pays.
La quasi-majorité de ces réfugiés ont quitté leur pays, il y a plus de trois ans, au lendemain de la crise politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.