Ekip
02 Mai 2023•Mise à jour: 02 Mai 2023
AA / Tunis / Fatma Ben Amor
Deux pasteurs kényans, soupçonnés d'avoir poussé au moins 109 personnes à mourir de faim « pour rencontrer Jésus » dans la forêt de Shakahola, comparaissent en justice ce mardi.
Le premier, Paul Mackenzie Nthenge, un ancien chauffeur de taxi qui s’est proclamé pasteur en 2003, année durant laquelle il a fondé l’Eglise internationale de la Bonne Nouvelle, comparaît à un tribunal de la ville de Malindi.
D'après plusieurs témoignages, Paul Mackenzie Nthenge avait prêché à ses fidèles de jeûner jusqu'à la mort pour "rencontrer Jésus", selon un macabre calendrier : d'abord les enfants, puis les femmes et enfin les hommes, rapporte africanews.
Le second, Ezekiel Odero, un des plus influents pasteurs protestants du pays, comparaît, lui, au tribunal de Mombasa, la deuxième ville du pays, pour son éventuelle implication dans le massacre.
Chef du "Centre de prière et Eglise de la Nouvelle Vie" ("New Life Prayer Centre and Church"), Odero a été arrêté jeudi dernier.
Au moins 109 corps ont été découverts depuis la mi-avril dans plus d'une trentaine de fosses communes dans la forêt de Shakahola au sud-est du Kenya. Les opérations de recherche ont été suspendues vendredi dernier en raison du mauvais temps. Les victimes, sous l'influence de l'Église Internationale de Bonne nouvelle, auraient jeûné jusqu'à la mort pour « rencontrer Jésus ».
Sur le site internet de l’Eglise Internationale de la Bonne nouvelle, qui revendique plus de 3 000 membres au Kenya, dont un millier à Malindi, est diffusé un programme intitulé "Messages de fin des temps" évoquant "les enseignements, prêches et prophéties sur la fin des temps, communément appelée eschatologie".
Certains de ces préceptes lui ont valu des arrestations, mais aucune condamnation.