Andrew Wasike
03 Mai 2023•Mise à jour: 04 Mai 2023
AA / Nairobi / Andrew Wasike
Deux pasteurs kenyans ont comparu mardi devant deux tribunaux pour la mort de plus de 100 personnes parmi leurs paroissiens, dont plusieurs auraient succombé à la faim.
Le pasteur Paul Mackenzie et le pasteur Ezekiel Odero sont accusés d'encourager les fidèles à s’infliger des supplices pour rencontrer Jésus.
Mackenzie a été mis en liberté par Ivy Wasike, une magistrate de la ville de Malindi, qui a déclaré que le tribunal n'était pas compétent pour statuer sur cette affaire. Le pasteur a été immédiatement arrêté de nouveau dès sa sortie du tribunal et transféré au tribunal de première instance de Shanzu à Mombasa, qui dispose d’une juridiction supérieure, spécialisée dans les affaires liées au terrorisme.
Mackenzie, que la police a qualifié de chef de secte, est comparu devant le tribunal de Malindi avec six de ses fidèles.
Il fait l'objet d'une enquête sur la mort de 109 personnes dont les dépouilles avaient été retrouvées enterrées dans le terrain de son église, suite à leur mort présumée par inanition, dans ce que les autorités qualifient de massacre de Shakahola.
L'épouse de Mackenzie, Rhoda Maweu, a également été arrêtée en tant que personne d'intérêt dans l'affaire.
Odero, chef du Centre de prière et Eglise New Life qui se trouve dans le même comté que celui de Mackenzie, a aussi comparu mardi devant un tribunal de Mombasa pour répondre d’une affaire de décès similaire dans le comté de Kilifi.
La police a également établi des liens entre Odero et Mackenzie.
Les accusations portées contre Odero incluent le blanchiment d'argent, l'enlèvement, les crimes contre l'humanité et le complot en vue de commettre un meurtre.
Le pathologiste en chef du gouvernement kényan, Johansen Oduor, a déclaré aux journalistes que les autopsies pratiquées sur 40 paroissiens qui étaient sous la conduite du pasteur Mackenzie indiquaient la mort par la faim et la suffocation concernant des adultes et des enfants.
Les autorités affirment que le bilan des victimes risque de s'alourdir, dans la mesure où l'exhumation des corps a été temporairement interrompue à cause des fortes pluies.
* Traduit de l’Anglais par Mounir Bennour.