Wafae El Baghouani
02 Décembre 2025•Mise à jour: 03 Décembre 2025
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a suspendu la Guinée-Bissau de ses organes de décision à la suite du coup d’État militaire qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo, selon un communiqué officiel.
Cette décision du Conseil de médiation et de sécurité (CMS) du bloc régional intervient après un Sommet extraordinaire virtuel des chefs d’État et de gouvernement consacré à la situation politique actuelle dans le pays.
Présidé par le président de la CEDEAO et de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, le bloc a exprimé sa vive inquiétude face à la crise politique en cours et a appelé les forces armées guinéennes à regagner les casernes et à respecter leur rôle constitutionnel.
La Guinée-Bissau connaît une instabilité politique chronique depuis des décennies, marquée par plusieurs coups d’État et transitions gouvernementales abruptes. Le président Umaro Sissoco Embalo avait été élu en 2019, mais son mandat a été fragilisé par des tensions entre le gouvernement et les forces armées. La CEDEAO, déjà intervenue par le passé pour rétablir l’ordre constitutionnel dans la région, a multiplié les appels à un retour rapide à la légalité et à la stabilité dans le pays.
Les militaires justifient leurs interventions en Guinée-Bissau en invoquant la nécessité de « sauver la nation », de mettre fin aux « dérives du pouvoir », de préserver l’ordre public et de restaurer la légalité constitutionnelle. Ils affirment agir face à une crise institutionnelle profonde, des accusations de corruption et des risques d’affrontements internes, se présentant comme les garants de la stabilité nationale.