Safwene Grira
05 Septembre 2016•Mise à jour: 06 Septembre 2016
AA/ Libreville/ Jean-Yves Ntoutoume
Le candidat de l'opposition à la présidentielle gabonaise controversée du 27 août dernier, Jean Ping, a appelé, lundi, ses partisans à "résister [contre le régime d'Ali Bongo] par le blocage économique du pays".
"Afin de préserver les vies humaines, je vous demande à partir d'aujourd'hui de ne pas user de violence mais de résister par le blocage économique du pays. Je vous propose de cesser toute activité et de commencer une grande grève générale [...] Puisqu'Ali Bongo veut tuer les Gabonais, je déclare le Gabon pays mort. Nous ne participerons pas à l'économie au profit de ce tyran", a déclaré Ping dans un communiqué dont Anadolu a eu copie.
Aucune réaction n'a été enregistrée du côté du président Ali Bongo Ondimba, dont les interventions publiques se sont raréfiées depuis qu'il a pris acte des résultats provisoires le donnant vainqueur à la présidentielle.
L'appel de Ping intervient au lendemain de l'invitation de l'Union africaine (UA) aux parties prenantes gabonaises de "faire preuve de la plus grande retenue" alors que les violences post-électorales dans ce petit pays d'Afrique équatoriale ont fait, au moins, une demi-douzaine de morts, selon un décompte effectué par Anadolu, se basant sur des sources sécuritaires.
L'ancien patron de la commission africaine (2008-2012), Jean Ping, affirme, quant à lui: "Des dizaines de nos compatriotes ont été tués" dans les dernières manifestations, alors que "des centaines, voire des milliers [de] blessés" ont été enregistrés à travers tout le pays.
La communauté internationale s'était montrée "préoccupée" par l'escalade que connaît le Gabon depuis mercredi dernier, à la suite d'une réélection d'Ali Bongo, contestée par l'opposition.
L'Organisation des Nations unies (ONU), Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), s'étaient, en outre, expressément prononcés en faveur d'une réévaluation du résultat du scrutin, s'alignant ainsi sur la principale revendication de l'opposition gabonaise.
Au sein de l'UE, cette position est plus particulièrement exprimée par l'Allemagne et la France, dont le parti au pouvoir s'était prononcé, au lendemain du scrutin, pour "une transition" dans ce pays "gouverné depuis un demi-siècle par la famille Bongo", selon l'expression du parti socialiste français (PS).
Le Gabon avait également connu, en 2009, des violences post-électorales meurtrières à la suite du scrutin qui a permis Ali Bongo de succéder à son père, Omar Bongo.