Safwene Grira
03 Octobre 2016•Mise à jour: 04 Octobre 2016
AA/ Libreville/ Jean-Yves Ntoutoume
Le Premier ministre gabonais a dévoilé la liste de son "gouvernement d'ouverture", qui comprend quelques figures de l'opposition, à l'exclusion toutefois de ses poids lourds qui ne reconnaissent pas la réélection du président Ali Bongo.
Avec quarante membres, le nouveau gouvernement annoncé, dimanche soir dans un point de presse, par le Premier ministre chef du gouvernement, Emmanuel Issozet Ngondet, a également vu la confirmation de proches du président Ali Bongo dans des postes clés.
La Défense échoit, ainsi, à Etienne Massard Makaga, également secrétaire général de la présidence de la République, les Affaires étrangères reviennent à Pacôme Moubelet Boubeya, ancien ministre de l'Intérieur, et le Pétrole et les Hydrocarbures à Etienne Dieudonné Ngoubou, confirmé à son poste.
"L'ouverture" prônée par le chef du gouvernement Emmanuel Issozet Ngondet s'est matérialisée avec la nomination de l'ancien candidat à la présidentielle, Bruno Ben Moumbamba, comme vice-Premier ministre, en charge de l'urbanisme et du logement social.
Cet ancien opposant, arrivé loin derrière Jean Ping dans le scrutin du 27 août dernier, est le numéro 2 du gouvernement selon l'ordre protocolaire.
L'autre entrée fortement remarquée est celle d'Estelle Ondo, jusque-là, vice-présidente de l'Union nationale, le plus grand parti de l'opposition. Le candidat de ce parti, Casimir Oye Mba, s'était pourtant rallié à la candidature présidentielle de Jean Ping.
"Elle est au gouvernement à son compte personnel et non au nom du parti" a commenté dans une déclaration à Anadolu un cadre du parti après la publication du nouveau gouvernement.
Un autre candidat malheureux, Pierre Claver Maganga Moussavou, du parti socialiste démocrate (PSD) a vu l'entrée de son fils dans le nouveau gouvernement. Lui-même cadre du PSD, Biendy Maganga Moussavou a été nommé ministre des petites et moyennes entreprises.
"C'est un gouvernement illégal conduit par un président illégitime. Son espérance de vie est extrêmement limitée. Le peuple ne se laissera pas berner cette fois-ci", a déclaré à Anadolu Persis Lionel Essono Ondo, porte-parole de Jean Ping en France.
La nomination du nouveau Gouvernement intervient quelques jours après l'investiture d'Ali Bongo pour un second septennat, au terme d'une présidentielle fortement contestée par Jean Ping, le principal candidat de l'opposition.
Des émeutes meurtrières avaient éclaté peu après l'annonce des résultats, le 31 août dernier, faisant 6 morts, selon un bilan officiel, et plusieurs dizaines de morts selon l'opposition.
Jean Ping qui revendique toujours la victoire de la dernière présidentielle dit ne pas reconnaître Ali Bongo comme président de la République. Il a récemment appelé les Gabonais à "une résistance active" et promis un dialogue inclusif à son initiative, en sa qualité de "président élu".