Hatem Katou
07 Avril 2016•Mise à jour: 07 Avril 2016
AA / Al-Minya (Egypte) / Jamel Abdel Mouez
Un prisonnier politique égyptien a été terrassé, mercredi soir, par une crise cardiaque, dans la prison d’al-Minya (Centre), ont annoncé les autorités.
Bakr Aid, avocat du prisonnier Mohamed Gharib âgé de 59 ans, soutient qu'il s'agit d’une "négligence médicale".
Il a déclaré jeudi, à Anadolu, que son client est décédé à cause de la détérioration de son état de santé après le refus des autorités de lui administrer les médicaments nécessaires.
«Mohamed Gharib, qui souffre de la tension artérielle et qui a subi plusieurs interventions chirurgicales, a eu un infarctus, et a été transporté à l’hôpital de la prison d’al-Minya», a précisé l’avocat.
«Mon client est décédé avant d’arriver à l’établissement hospitalier», a-t-il ajouté.
Une source sécuritaire locale a, de son côté, revélé à Anadolu avoir reçu une notification de la prison d’al-Minya que "le détenu a subi une forte chute de la tension artérielle, ce qui a provoqué la détérioration de son état de santé, d’autant plus qu’il souffrait d’une cirrhose de foie et d’une paralysie au niveau de la colonne vertébrale".
«Etant donné son état de santé délicat, le prisonnier a fait un infarctus et a été immédiatement transféré à l’hôpital de la prison. Cependant, il est décédé avant d’être admis dans l’établissement», a précisé la même source.
«Selon le rapport médical signé par l’inspecteur de santé, le décès a été causé par une attaque cardiaque et une chute aiguë de la tension artérielle», a tenu à préciser la source sécuritaire qui a démenti tout «soupçon criminel».
Jugé dans un premier temps par contumace dans l’affaire de la prise d’assaut d’un poste de police d’al-Minya, Mohamed Gharib a été arrêté en janvier dernier et a été rejugé par la Cour d’assises d’al-Minya avec 119 autres accusés.
Les faits pour lesquels Gharib est incriminé remontent au mois d’aout 2013 après la dispersion des sit-in, de deux places de la capitale égyptienne, observés par les sympathisants du président Mohamed Morsi, destitué un mois plus tôt.
Des opposants et des militants des droits de l’Homme estiment que les autorités égyptiennes détiennent des milliers de prisonniers d’opinion dans les établissements pénitentiaires, dont certains sont décédés pour «négligence médicale», ce qui est réfuté en bloc par le gouvernement.