Egypte : 330 prisonniers graciés
- Une quatrième liste a été émise par la Présidence
Hussein Mahmoud Ragab Elkabany
16 Mai 2018•Mise à jour: 17 Mai 2018
Al Qahirah
AA/Le Caire
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé, mercredi, que « plus de 330 jeunes détenus dans les prisons égyptiennes seront graciés, conformément aux recommandations de la Commission d’amnistie présidentielle ».
C’est ce qui ressort d’une publication d’al-Sissi sur sa page officielle Facebook, sans donner plus de détails.
Lors de la conférence de la jeunesse au Caire, diffusée par la télévision d'Etat, Al-Sissi a souligné qu’une «liste de plus de 300 jeunes, présentée par le Conseil national des droits de l’homme (officiel), a été signée».
Le président égyptien a appelé le ministre de l’Intérieur, Magdy Abdel Ghaffar, à achever la libération des prisonniers graciés, mercredi, sans plus de précisions.
Plus tôt dans la journée, des médias locaux avaient indiqué qu’al-Sissi « a décidé d'accorder la grâce au profit de 332 prisonniers, parmi les jeunes et ceux qui sont dans un état de santé particulier, à l’encontre desquels des jugements définitifs ont été émis».
L’amnistie implique, entre autres, des accusés dans des affaires de « manifestations ».
Il s’agit de la quatrième liste de personnes graciées émise par la présidence. En octobre 2016, Al-Sissi avait formé une Commission qui examine les propositions de grâce au profit des jeunes prisonniers.
En novembre 2016, près de 82 personnes avaient été libérées, dans le cadre d'une première liste établie, avant l’émission d’une deuxième liste, en mars 2017, comportant 203 prisonniers.
En juin dernier, Al-Sissi avait émis une troisième liste de grâce composée de 502 prisonniers.
En vertu de la constitution égyptienne, le président de la République a le droit d’annuler la punition et de l’alléger, après consultation du Conseil des ministres.
Le nombre de prisonniers politiques, depuis la destitution de Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu en Egypte, s'élève à plusieurs milliers, selon les rapports des activistes de droits de l’homme.
Le nombre a atteint les 40 mille prisonniers, selon le Groupe des « Frères musulmans ».
Les autorités égyptiennes démentent, cependant, l’existence de prisonniers politiques et ont considéré que les prisonniers des « Frères musulmans » sont accusés dans des affaires pénales.