Lassaad Ben Ahmed
20 Mars 2018•Mise à jour: 22 Mars 2018
AA/Abidjan/Fulbert Yao
La justice ivoirienne a condamné lundi un homme de 31 ans, à 12 mois de prison ferme doublés d’une amende de 5 millions de francs CFA (9400 dollars), pour dérive sur les réseaux sociaux, ont rapporté les médias locaux, soulignant qu'il s'agit d'une première dans le pays.
L’affaire remonte au 6 mars dernier, lorsque de violentes émeutes avaient éclaté dans la ville de M’bahiakro (centre) après l’assassinat de Glahou Edmond Chanceline, une adolescente de 14 ans retrouvée morte.
Le prévenu Yao Kouadio Philippe, avait appelé, alors, au meurtre et à la violence contre les familles de gendarmes sur le réseau social Facebook, rappelle le site local "abidjan.net".
«Il faut commencer à égorger les enfants des gendarmes et nous sommes en train de nous organiser ici à M’Bahiakro. Restez à l’écoute », avait-il écrit sur un forum.
Dénoncé, cet agent d’entretien et père de quatre enfants a été mis aux arrêts après une enquête ouverte par la police, d'après le média ivoirien.
Sa condamnation a été jugée exemplaire par le procureur de la République, Adou Richard-Christophe qui avait requis à l’endroit du prévenu une peine de 10 ans et un million de francs CFA d'amende (1900 dollars).
A la barre, Yao Kouadio Philippe, n'a pas pu justifier son acte.
Il s’est dit conscient de la gravité de son geste et s’est excusé, pour les propos tenus vis-à-vis des gendarmes, demandant au tribunal de lui accorder sa clémence.
Ses avocats ont invité l'Etat à "réglementer l'internet au lieu de punir".
Le média social américain Facebook (diffuseur), n'a pas, pour sa part, été poursuivi par l'Etat ivoirien pour la diffusion de propos incitant à la haine.