Nadia Chahed
15 Mars 2017•Mise à jour: 16 Mars 2017
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Onze personnes ont été tuées par des éléments de l'ex-Séléka, dans plusieurs villages du centre de la Centrafrique, durant la semaine allant du 5 au 12 mars, a appris Anadolu, mercredi auprès d'une source administrative locale.
Fuyant le village de Bambari (centre), les éléments de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), faction de l'ex-Séléka dirigée par Ali Darass, ont perpétré des exactions dans les villages voisins, notamment à Mambissi, Tagbara, Boyo , a indiqué à Anadolu, Anatole Ndémagoudé, député de Bambari. Entre le 5 et le 12 mars, 11 personnes ont été tuées par les hommes de l’UPC, a-t-il ajouté.
"Les éléments de l'UPS ont investi tous les villages de l’axe Ippy en partant du Pk 60 jusqu’à Tagbara et Boyo. A Mambissi, ils ont tué 7 personnes, à Tagbara 2 personnes et deux autres près de Séko", a précisé Ndémagoudé.
Pris de panique, de nombreux habitants de ces villages se sont terrés dans les brousses avoisinantes, ont indiqué à Anadolu des sources locales.
Mandaba Pascal, un habitant de Atongo Bakari qui a pu gagner la ville d’Ippy après trois jours de marche en pleine forêt, a noté dans une déclaration à Anadolu, "Ce sont des peulhs armés en provenance de Bambari qui nous ont chassés de nos villages. Même les familles de confession musulmane qui vivaient avec nous depuis des décennies ont également été chassés".
Décrétée depuis le 21 février dernier ‘’ville sans groupe armé’’, Bambaria depuis connu le départ de nombre de rebelles relevant aussi bien des anti-Balaka que de l'ex- Séléka, qui se sont retranchés dans les villages environnants, semant au passage la terreur dans les rangs des populations civiles.
La paix reste encore fragile en Centrafrique, un pays que le coup d'Etat de mars 2013, mené par les Seleka contre le régime de François Bozizé, a fait basculer dans un conflit inter-communautaire qui a fait quelques milliers de morts, selon l'ONU.
Les récentes élections générales (décembre 2015-mars 2016), ont certes doté la Centrafrique de nouvelles institutions et contribué à un retour relatif au calme. Elles n'ont pas pu empêcher, toutefois, la résurgence d'affrontements sporadiques, notamment dans le Nord et le Centre du pays.