Mohamed Hedi Abidellaoui
01 Février 2017•Mise à jour: 02 Février 2017
AA/ Tunis/ Walid Nalouti
Dans quelques heures, l'Egypte affrontera le Burkina Faso pour le compte des demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2017) au Gabon. L'Egypte, septuple champion d'Afrique reste en course après avoir éliminé le Maroc aux quarts de finale.
A Tunis, la ferveur qui a accompagné les deux victoires de l'équipe de Tunisie au premier tour, successivement contre l'Algérie et le Zimbabwe, a laissé place à la déception et l'amertume.Toutefois, les regards sont toujours tournés vers le Gabon et les férus du ballon rond se sont fait une raison pour continuer à suivre la CAN. Tunisiens, Egyptiens et Algériens supportent, tout feu tout flamme, la même équipe: celle des Pharaons.
"Désormais, je supporterai l’Égypte, le seul pays arabe resté dans la course", a confié au correspondant d'Anadolu à Tunis, Mohamed, tailleur de métier et fervent supporter des Aigles de Carthage et de l'Espérance Sportive de Tunis.
L’Égyptien Jasser Aid, journaliste à la radio tunisienne Express FM, lui, est confiant en la capacité des Pharaons à aller jusqu'au bout : « Avant le démarrage de la CAN, j'avais peur de me trouver dans une situation délicate vis à vis de mes amis tunisiens au cas où la Tunisie et l’Égypte devaient s'affronter. Aujourd'hui, je suis partagé entre deux sentiments : la déception de voir l'équipe de Tunisie quitter le tournoi et la fierté de voir l’Égypte accéder en demi-finales. Ce soir, je ne serai pas seul : mes amis tunisiens supporteront avec moi l’Égypte. Ils me l’ont promis ».
Et Aid de poursuivre: « J'appréhendais le match contre le Maroc. Al Hadhari et ses camarades ont honoré les couleurs égyptiennes. Ils ont défendu la réputation de l’Égypte, cette grande nation de football, qui saura aller en finale et pourquoi pas, remporter un huitième titre continental. Il est vrai que l'équipe actuelle est composée essentiellement de joueurs qui ne sont pas suffisamment expérimentés, mais qui sont animés par la rage de vaincre. Je suis confiant. Nous irons en finale, inchalah. »
* Une grande nation de football
Aux yeux de Mohamed le tailleur, l'équipe d’Égypte a le potentiel de faire ce que son homologue tunisienne était incapable d'accomplir : « L’Égypte a été la seule équipe à ne pas encaisser de buts durant le premier tour. C'est une grande nation de football. Al Hadhari a suffisamment d'expérience pour encadrer ses jeunes camarades ce soir. Naturellement, je supporterai l’Égypte, la seule nation arabe à monter sur le podium».
Pour son ami Moez, coiffeur et supporter du Club Africain, la déception de voir l'équipe de Tunisie se faire éliminer aux quarts de finale lui est restée en travers de la gorge : « Pour moi, la CAN n'est plus du moment que la Tunisie a quitté le tournoi. Je suivrai ce soir le match Egypte-Burkina Faso au café du quartier, en jouant aux cartes avec les copains. J'encouragerai quand-même nos frères égyptiens. Je leur souhaite une bonne chance »
* Un voyage de noces au rythme de la CAN
Croisé Sur l'Avenue Habib Bourguiba, ce jeune couple algérien en voyage de noces en Tunisie vit au rythme de la CAN . Pour Bachira, le fait est accompli : « Même quand l'Algérie a quitté la compétition, mon mari continue à suivre les matches. Ce soir, il supportera sans doute l'Egypte et nous devons quitter Sidi Bou Said au plus tard à 16h00 (13h00 GMT) pour regagner à temps notre hôtel à Hammamet ».
Souriant, le jeune marié écoute les propos de sa femme avant de placer un mot de football. « Nous les hommes, sommes férus de football, même en voyage de noces. Elle a toute la journée pour se balader entre les souks, la Médina de Tunis et Sidi Bou Said. Je ne demande que deux petites heures le soir pour regarder le match. C'est l'Egypte qui joue quand-même. Et bien sûr, je la supporterai», dit Adel.