Lassaad Ben Ahmed
10 Février 2020•Mise à jour: 11 Février 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Plus de 7 millions de Camerounais ont été appelés au vote dimanche 9 février pour choisir leurs députés et les conseillers municipaux pour les cinq prochaines années.
Il n’y a pas eu d’incident majeur à l'échelle du pays d’après le pouvoir. La participation à ce double scrutin a été, à priori, assez faible, par endroit, surtout dans les régions anglophones selon plusieurs observateurs.
D’après Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, les élections législatives et municipales se sont déroulées dans « le calme et la transparence » dans « les 10 régions, les 58 départements et les 360 arrondissements du Cameroun », et ceci sous les regards des « 16 765 observateurs nationaux et internationaux qui se sont librement déployés dans les dix régions ».
Le ministre Atanga Nji, qui s’exprimait aux médias lundi soir, a estimé que « les appels au boycott lancés par des politiciens véreux et les terroristes en perte de vitesse, n’ont eu aucun écho auprès des Camerounais ».
Il a expliqué que « les Camerounais des toutes les régions mêmes du Sud-Ouest et du Nord-Ouest ont répondu à l’appel du Chef de l’Etat et se sont massivement rendus aux urnes pour exercer leur droit de vote ».
Paradoxalement, des observateurs notent que les populations des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se sont abstenues de prendre part à ce scrutin, surtout dans les localités où il y a eu des affrontements entre l’armée et les séparatistes qui étaient déterminés à perturber le vote.
« Il y a eu des zones à forte participation, notamment dans les villes de Douala, Ebolowa, Bertoua et, Yaoundé. Mais dans les zones reculées, l'abstention est beaucoup plus prononcée, notamment dans les zones en crise, de forte insécurité, notamment le Nord-Ouest et le Sud-Ouest», a reconnu au micro d’Anadolu Gabriel Nonetchoupo, s’exprimant au nom de la Commission nationale des droits de l'homme..
«Le mot d'ordre d'abstention lancé par les sécessionnistes a été respecté, d'autant que la population a peur pour sa sécurité», a-t-il constaté.
Il a ajouté qu’il y avait aussi « des bourrages d'urnes » signalés dans certains bureaux de vote, « notamment à Yaoundé, Douala et Kumba où il n'y a pas de scrutateur des partis d'opposition ».
D’après le ministre Atanga Nji, « ces cas de fraude qui pourraient être soulevés par les partis politiques en compétition ne peuvent pas entacher la crédibilité du scrutin et la sincérité des résultats lorsqu’ils seront proclamés par les instances compétentes ».
Dans un rapport publié le 8 février, Human Rights Watch (HRW) note que le boycott de ce scrutin lancé par certains partis politiques dont le MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) de l’opposant Kamto, « sape » la légitimité des élections.
Avec le boycott de l’opposition et la faible participation dans les régions anglophones touchées par le conflit, le parti au pouvoir au Cameroun dont le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) devrait remporter une grande victoire, a estimé HRW.