Lassaad Ben Ahmed
19 Septembre 2019•Mise à jour: 21 Septembre 2019
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le ministre camerounais des Affaires étrangères, Mbella Mbella Lejeune, a réitéré l’appel au «grand dialogue national» annoncé par le président camerounais Paul Biya pour la fin du mois en cours, exprimant la volonté de Yaoundé de ne pas laisser impunis les crimes commis par les séparatistes contre la population et les forces de l'ordre.
Le chef de la diplomatie camerounaise s’exprimait devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève le 18 septembre. Il a également affiché la détermination du Cameroun à mener un « combat sans relâche » contre le groupe extrémiste Boko Haram.
Malgré le dialogue national annoncé pour résoudre la crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis trois ans, « Yaoundé a écarté toute impunité face aux exactions et autres violations commises dans le cadre de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, et des atteintes à la stabilité de l’Etat ».
Le ministre camerounais a indiqué à l’ONU que « les auteurs de ces crimes seront appelés à répondre de leurs faits devant les juridictions nationales, dans le strict respect d’un procès juste et équitable ».
« Fouler aux pieds la règle de droit et assurer l’impunité à certains citoyens, aboutiraient à préparer le lit de l’anarchie », a rappelé Mbella Mbella Lejeune.
Lors de son discours à la nation camerounaise le 10 septembre dernier, le Président Biya avait pris le monde entier pour témoin des atrocités commises par ces groupes armés :« mutilations, décapitations, assassinats des éléments des forces de défense et de sécurité, des autorités administratives et des civils sans défense, destructions des infrastructures et édifices publics, incendie des écoles, des hôpitaux ».
Le Président camerounais avait précisé que « le respect de la règle de droit et de la lutte contre l’impunité constituent les piliers de la consolidation de l’Etat de droit », à laquelle aspirent les Camerounais.
D’après le chef de l’Etat camerounais il faut dissiper les rumeurs selon lesquelles « l’on peut tranquillement piller, violer, incendier, kidnapper, mutiler, assassiner, dans l’espoir qu’un éventuel dialogue permettra d’effacer tous ces crimes et assurera l’impunité à leurs auteurs ».
Il estime qu’une telle façon de penser ne peut qu’«encourager la perpétuation des violences dans les régions en crise et même en susciter dans les régions où il n’y en a pas ».
Pour rappel, les dirigeants sécessionnistes avaient été arrêtés en janvier 2018 au Nigéria et extradés au Cameroun. Reconnus coupables de rébellion, entre autres accusations, par le tribunal militaire de Yaoundé, ils ont été condamnés à perpétuité.