Lassaad Ben Ahmed
25 Octobre 2017•Mise à jour: 25 Octobre 2017
AA/Yaoundé/ Peter Kum
Le gouvernement camerounais a décidé de suspendre les activités de l’ONG "International Crisis Group" (ICG) sur le territoire camerounais, a fait savoir le te-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakari.
«Comme vous avez pu le noter, «International Crisis Group» a, en l’espace de deux mois à peine, établi deux rapports, tous à charge, contre le gouvernement camerounais», sur la situation de la crise anglophone.
«Le plus récent de ces deux rapports daté du 19 octobre 2017, contient des contre-vérités d’une gravité telle, que le gouvernement ne pouvait rester sans voix, face à une agression aussi poignante», a-t-il martelé dans une déclaration faite mardi soir à la télévision d'Etat.
«Le gouvernement réfute, par conséquent, l’entièreté de ces allégations et rejette totalement, autant le rapport d’International Crisis Group du 2 août 2017 que celui publié le 19 octobre dernier», a ajouté Issa Tchiroma Bakari.
Le porte-parole du gouvernement a également souligné que le rapport d’ICG a «entièrement construit son réquisitoire sur la base d’informations fondamentalement erronées, profondément biaisées et volontairement agrandies».
Le membre du gouvernement camerounais a indiqué qu’«en outre, International Crisis Group a cru devoir puiser sa source dans les informations fantaisistes publiées dans un ou deux journaux paraissant en France, et dont les reporters n’ont, à aucun moment, foulé le sol camerounais depuis le déclenchement de ces évènements».
Issa Tchiroma Bakari s’est, aussi, dit "étonné" que le rapport d’ICG qualifie de «cosmétiques», les mesures prises par le Chef de l’État, Paul Biya, pour apaiser les revendications exprimées «par les syndicalistes et les Avocats d’expression anglaise, là où les lois et la Constitution de la République l’autorisaient à statuer de la sorte».
Le ministre camerounais a, par ailleurs, déclaré «qu’en lieu et place d’une ONG de défense des droits de l’Homme», le Cameroun a affaire à «une véritable officine de déstabilisation, à la solde des mouvements sécessionnistes et des intérêts inavoués qui ne rêvent que d’installer le chaos dans notre pays».
Il est à rappeler que le rapport de l’ICG du 19 octobre a mis en garde les autorités camerounaises contre une insurrection armée liée à la crise anglophone et "mis les autorités devant leur responsabilité".
La crise s’est déclenchée depuis le 1er octobre et a été réprimée par les autorités. Les deux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, abritant les minorités anglophones, réclamaient l’indépendance.
Aucune réaction du Crisis Group n'a été enregistrée jusqu'à mercredi à 15H55 GMT.
Créée en 1995, l'ICG est une ONG multinationale, à but non lucratif, dont la mission consiste à prévenir et à résoudre les conflits meurtriers grâce à une analyse de la situation sur le terrain et des recommandations indépendantes, peut-on lire sur son site.
Son siège se trouve à Bruxelles, en Belgique.