Lassaad Ben Ahmed
26 Février 2019•Mise à jour: 27 Février 2019
AA / Yaoundé / Peter Kum
L’armée camerounaise a été accusée par une organisation humanitaire d’avoir tué sept civils dans le département Manyu de la région anglophone du Sud-ouest.
Selon un communiqué émis par le Centre des droits de l’homme et la démocratie en Afrique, « le massacre » a eu lieu lundi dans trois localités différentes.
« Le Centre pour les droits de l'Homme et la démocratie en Afrique dénonce avec la dernière énergie le massacre de sept civils par l’armée le lundi 25 février 2019 dans le département de Manyu dans la région du Sud-Ouest », a annoncé dans un communiqué, l’avocat Agbor Balla Nkongho.
D’après l’avocat camerounais, les trois premières victimes de ce massacre ont été tuées dans le village Bakwelle dans le Sud-ouest.
« Ce sont des jeunes de mon village dont je connais bien. Ils avaient fui le village à cause de la guerre et s’étaient réfugiés dans la brousse. Les militaires les ont repérés grâce à la fumée et ils ont été abattus », rapporte à Anadolu Agbor Balla Nkongho, président du Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique.
Le bâtonnier Balla indique que trois autres jeunes ont été abattus lundi dans le village Afap et un autre à Mbakang, des localités situées dans le département de Manyu frontalier avec le Nigéria.
« Mon cœur est en larmes quand je vois des civils non armés abattus en plein jour par une armée qui est sensée les protéger », regrette maitre Balla.
L’armée n’a pas réagi à ces accusations qui lui sont attribuées, également, par les populations locales et les associations de défense des droits de l’homme.
Des organisations non-gouvernementales et les associations de défense des droits humains ont plusieurs fois accusé l'armée camerounaise d'exécutions sommaires et de destruction de maisons dans plusieurs villages anglophones.
Environ 500 civils ont été tués depuis fin 2016 dans le cadre d’attaques de plus en plus violentes entre des groupes séparatistes armés et les forces de sécurité dans les régions anglophones du Cameroun, avait rapporté en décembre 2018 Amnesty International.
Selon les Nations unies, plus de 430 000 personnes se sont déplacées dans le pays depuis que les séparatistes ont commencé à s’affronter avec les forces gouvernementales en 2017.