Esma Ben Said
16 Février 2018•Mise à jour: 16 Février 2018
AA/Yaoundé/Peter Kum
Un gendarme a été tué vendredi, dans une nouvelle attaque imputée à des sécessionnistes anglophones, dans la ville de Kumba située dans la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun, a révélé à Anadolu le Secrétaire d’Etat à la gendarmerie nationale, Jean-Baptiste Bokam.
« Le maréchal de logis était au poste de contrôle à Kumba. Il a laissé ses camarades vers 3 heures (heure locale) du matin pour aller chercher son téléphone qu’il avait laissé en charge par loin de ce poste de contrôle », rapporte à Anadolu Jean-Baptiste Bokam.
« Au moment où le gendarme vérifiait la charge de son téléphone, il a été agressé et des assaillants l’ont poignardé à plusieurs reprises dans le dos. Malgré son état critique, ce dernier a pu tirer en direction de ses agresseurs. Le tir est resté infructueux mais a tout de même alerté les autres gendarmes au poste qui sont malheureusement arrivés quand les assaillants étaient déjà partis », indique le membre du Gouvernement.
« Le gendarme a succombé à ses blessures dans les premières heures de la matinée de ce vendredi, et son corps a été déposé à la morgue de la ville de Kumba », a précisé Bokam.
Face à l’insécurité grandissante, les Etats-Unis et la France ont formellement interdit à leurs ressortissants de se rendre dans ces régions.
Le 5 février dernier, le Département d’État des États-Unis avait d’ailleurs condamné les violences qui sévissent dans ces régions du Cameroun, notamment le meurtre de deux gendarmes camerounais dans le village de Mbingo, dans la région du Nord-Ouest et d’un soldat camerounais à la sortie de Bamenda le 1 er février.
Le 11 février dernier trois gendarmes avaient également été assassinés dans la localité de Kembong située dans le Sud-Ouest et dans la même journée, le sous-préfet de Batibo (région du Nord-Ouest) avait été enlevé par des membres présumés de la guérilla anglophone.
Depuis ce rapt, les activistes demandent aux sous-préfets et aux préfets de quitter les régions anglophones.
La crise sociale qui secoue les régions anglophones avait débuté en octobre 2016 par un mouvement d’humeur des avocats, des enseignants et des étudiants anglophones qui décriaient la marginalisation des anglophones.
La minorité anglophone, qui représente environ 20 % des 22 millions de Camerounais, répartie dans les deux régions, proteste contre ce qu'elle appelle sa « marginalisation » par rapport aux francophones répartis dans les huit autres régions du pays.
Elle s’est transformée en « guerre » le 1er octobre 2017 quand des sécessionnistes ont voulu déclaré l’indépendance de l’ « Ambazonie », un état non reconnu par Yaoundé.
Depuis, plus de 35 militaires et gendarmes camerounais ont été tués.