Nadia Chahed
21 Septembre 2017•Mise à jour: 21 Septembre 2017
AA/Bamenda/Aurore Bonny
Trois policiers ont été grièvement blessés dans l'explosion d'une bombe artisanale, jeudi matin à Bamenda dans la région du Nord-ouest camerounais ( anglophone), a appris Anadolu de source sécuritaire camerounaise.
La bombe était dissimulée sous des chaises qu’occupaient le trio de policiers près du rond-point de l’hôpital régional de Bamenda. L’un d’entre eux a eu la jambe cassée. Apres l’intervention d’un groupe des forces de l’ordre, deux des victimes ont été évacuées à Yaoundé pour des soins médicaux, a confié la même source.
Pendant que certains observateurs font le lien de cette énième explosion dans cette région du pays avec la rumeur annonçant une marche de protestation contre le pouvoir en place, le 22 septembre, les autorités gouvernementales camerounaises parlent d'attentat terroriste.
Cette explosion n’est pas la première du genre à Bamenda. En effet le 16 septembre dernier, les populations de cette ville ont connu la peur face à l’explosion de deux bombes respectivement disposées dans un haut-parleur et dans un taxi se dirigeant vers un « marché de vivres ».
Ainsi se présente une autre étape des troubles qui secouent les régions anglophones du Cameroun.
La crise anglophone s'est déclenchée le 11 octobre 2016 à travers un mouvement de contestation des avocats anglophones, présents dans le Nord-ouest et le Sud-ouest du Cameroun. Ces juristes des deux régions déploraient l’absence du droit anglais dans le système judiciaire camerounais.
La crise anglophone s’est ensuite vite transformée en une revendication de fédéralisme ensuite de sécession par des activistes anglophones qui dénoncent une "marginalisation".
Les manifestations se sont multipliées, s'accompagnant de fermeture des établissements scolaires et universités et l’emprisonnement de certains universitaires et leaders politiques.
Certains d’entre eux avaient été libérés sous décret présidentiel le 30 août dernier, sans que cela ne résolve pour autant le problème.