Lassaad Ben Ahmed
19 Novembre 2017•Mise à jour: 20 Novembre 2017
AA/Yaoundé/Peter Kum
Quatre policiers qui étaient de patrouille dans la ville de Bamenda, Nord-Ouest camerounais, ont été blessés par des hommes armés non encore identifiés, selon le gouverneur de la région, Adolphe Lélé Lafrique.
«Des hommes armés à bord des motocyclettes, ont tendu une embuscade aux policiers au niveau de Food Market vers 2 heures du matin. Quatre policiers ont été blessés. Heureusement, on ne déplore pas de perte en vie humaine», souligne le gouverneur tout en indiquant que les agresseurs ont plus tard disparu sans laisser de traces.
«Nous n’avons pas dormi cette nuit à Beta Quarters. Nous avons entendu des tirs toute la nuit et personne ne sait exactement ce qui s’est passé. Mais nous somme sûrs que des activistes ont confronté des militaires», décrit un témoin, Fru Jonathan, habitant de Meta Quarters de Bamenda.
Fru indique que jusqu’à 7h du matin, dimanche, des coups de feu étaient entendus dans leur quartier. «Personne n’a osé sortir. Nous étions tellement terrifiés», rapporte t-il.
Les autorités ont instauré le couvre-feu à Bamenda depuis deux semaines. Il est formellement interdit aux populations de se déplacer entre 22 heures et 6 heures. Les réunions publiques sont interdites et les commerces doivent rester fermés toute la nuit.
Cette décision a été prise après l’assassinat des quatre militaires dans la région par des activistes anglophones.
Malgré la militarisation des deux régions anglophones, les activistes continuent à dicter leur loi. La ville morte est respectée à la lettre de lundi à mercredi et des écoles sont fermées jusqu’à nouvel ordre.
Pour rappel, la situation dans les régions anglophones minoritaires a pris un tournant à partir du 1er octobre 2017, lorsque des activistes ont commencé à manifester réclamant l'indépendance des régions Sud-ouest et Nord-ouest du pouvoir central de Yaoundé.
Les manifestations ont été réprimées par le pouvoir, mais les plus radicaux des anglophones continuent d'agir, s'attaquant aux forces de l'ordre et faisant plusieurs morts.