Lassaad Ben Ahmed
22 Mars 2020•Mise à jour: 22 Mars 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Les bureaux de vote ont ouvert, dimanche à 8h (7h GMT), pour accueillir près de 300 000 électeurs appartenant à onze circonscriptions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun, dans le cadre des élections législatives partielles qui se poursuivent toute la journée jusqu'à 18h (17h GMT).
Les électeurs sont rappelés aux urnes après la décision du Conseil constitutionnel d’invalider le scrutin législatif du 9 février dans ces onze circonscriptions : 10 dans le Nord-Ouest et 1 dans le Sud-Ouest. Les élections dans ces localités ont connu des irrégularités selon le Conseil constitutionnel.
Six partis politiques font partie d'une trentaine de listes candidates à ces élections partielles.
D’après Elections Camerooun (Elecam), organe en charge d’organiser les élections, deux défis majeurs sont à relever ce dimanche : les contraintes sécuritaires et les mesures de confinement liées au Covid-19.
« Les mesures prises par le gouvernement visant à freiner le coronavirus au Cameroun, n’ont pas d’impact sur cette élection. Les bureaux de vote ne rassemblent pas beaucoup de personnes au même moment ce qui limite les risque de regroupement », a souligné à Anadolu, le directeur général d’Elecam, Erik Essoussé.
Il a indiqué, par ailleurs, que le Gouvernement a pris des mesures pour acheminer à temps le matériel électoral et sécuriser les bureaux de vote dont les séparatistes menacent d’attaquer.
« Nous appelons une fois de plus nos frères et sœurs d’observer une journée de ville morte ce dimanche. Chacun doit rester chez lui, toute personne qui va violer cette consigne, sera traitée comme un ennemi », ont annoncé les séparatistes sur leur télévision de propagande, la "Southern Cameroon Broadcasting Television".
A la veille de cette élection, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a annoncé à la télévision nationale que « la situation sécuritaire est sous contrôle » dans les deux régions anglophones et a appelé les électeurs à sortir massivement pour le scrutin.
Suite à des menaces des groupes armés du mouvement séparatiste anglophone, les six partis politiques en compétition ont limité au maximum les activités sur le terrain pendant les deux semaines de campagne électorale.
De peur d’être attaqués par les séparatistes, les observateurs accrédités ont informé Elections Cameroon qu’ils ne feront pas de déploiement sur le terrain mais travailleraient par téléphone.
Les 13 sièges mis en jeu, dimanche, ne remettront pas en cause la majorité absolue (139 sièges sur 180) déjà acquise par le parti au pouvoir, le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) au sein de l’Assemblée nationale.