Lassaad Ben Ahmed
03 Janvier 2019•Mise à jour: 03 Janvier 2019
AA / Anadolu / Peter Kum
« Plusieurs personnes d’un groupe armé du mouvement sécessionniste anglophone ont attaqué, jeudi matin, des ouvriers de l’entreprise la Cameroon Development Corporation (CDC) qui opère dans la production et la commercialisation du thé», a rapporté, à Anadolu, Bernard Okalia Bilai, gouverneur de la région du Sud-ouest.
«Ces miliciens ont sectionnés les doigts et les orteils des employés de cette entreprise», a-t-il détaillé .
Parmi les victimes de cette attaque, une quinzaine ont été transportées à l’hôpital de CDC dans la ville de Tiko dans la région anglophone du Sud-ouest, a ajouté le gouverneur.
L’activiste anglophone Tapang Ivo ne regrette pas cet acte attribué aux combattants du mouvement séparatiste anglophone.
« Le gouvernement central de Yaoundé vole nos ressources naturelles, telles que le café, le bois, le pétrole, la banane, entre autres, et nos populations du Sud-ouest et du Nord-ouest restent dans la pauvreté. Nous venons ainsi de lancer une guerre économique contre le régime de Yaoundé », insiste le séparatiste.
C’est la deuxième fois que des sécessionnistes anglophones attaquent cette entreprise étatique depuis le début de la crise anglophone en octobre 2016.
Le 31 octobre 2018, sept ouvriers de la CDC avaient été violemment attaqués et leurs doigts amputés par des séparatistes.
« Nous n’avons rien contre nos frères anglophones. Nous demandons que toutes ces entreprises qui exploitent nos ressources au détriment de nos compatriotes anglophones soient fermées jusqu’à la fin de la crise. Toute personne qui ne respecte pas ce mot d’ordre, s’expose à des sanctions », se défend Mark Barata, activiste anglophone .
La CDC fait partie des plus grands employeurs au Cameroun.
La situation de la CDC est « préoccupante », a déclaré à Anadolu le directeur général de la CDC, Gabriel Béné, qui doit désormais gérer des usines fermées, des campements désertés par les travailleurs et 22.000 emplois directs menacés.
« Ca fait aujourd’hui presque cinq mois que l’endettement s’accumule. Les travailleurs sont là, ils sont victimes de la guerre. Donc, c’est une situation de force majeure », a-t-il expliqué.