Nadia Chahed
05 Octobre 2019•Mise à jour: 06 Octobre 2019
AA/Cameroun/Peter Kum
L’opposant camerounais Maurice Kamto, détenu à la prison centrale de Yaoundé depuis le 28 janvier 2019, a été libéré samedi, en début d'après-midi, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Kamto fait partie d'une liste de 104 autres opposants concernés par une décision présidentielle émise vendredi et stipulant "l'abandon des poursuites judiciaires visant certains opposants".
Accusé entre autres de "rébellion" , d’"insurrection" et d’"outrage au Président de la République", Kamto a comparu samedi matin devant le tribunal militaire de la capitale, Yaoundé, qui a ensuite déclaré l'abandon des poursuites.
Le Président Paul Biya avait annoncé vendredi "l’arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires, contre certains responsables et militants des partis politiques et notamment du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC)", dont Kamto est le président.
Principal opposant au chef de l’État Paul Biya, Maurice Kamto avait été arrêté, ainsi qu’environ 150 personnes, à la suite de manifestations pacifiques organisées dans plusieurs villes du Cameroun le 26 janvier 2019 pour dénoncer les résultats de la présidentielle donnant Biya pour vainqueur.
Mi-février, Kamto et plusieurs militants avaient été présentés pour la première fois devant le tribunal militaire de Yaoundé, où une information judiciaire pour "hostilité contre la patrie" et "insurrection", entre autres accusations, avait été ouverte à leur encontre.
Début mars, la communauté internationale (Union européenne, l’ONU et les États-Unis) s’était interrogée sur le bien-fondé de la procédure contre Maurice Kamto et ses partisans.
"Nous souhaitons que cette figure importante du Cameroun puisse être libérée", avait déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.