Lassaad Ben Ahmed
11 Mars 2018•Mise à jour: 12 Mars 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Au moins deux gendarmes ont trouvé la mort et trois autres blessés, dimanche matin, dans la ville d’Ashong, localité située dans la région anglophone du Nord-ouest selon le Commandant de la 5e région de la gendarmerie nationale, le Général de brigade Essoh Jules-César.
«Le poste de gendarmerie a été attaqué, dimanche vers 9 heures (heure locale), par des assaillants lourdement armés. Deux gendarmes qui étaient dans la cour de la gendarmerie, ont été mortellement atteint par balles», rapporte le Général Essoh à Anadolu.
«Trois autres gendarmes qui étaient à l’intérieur du bâtiment de ce poste de gendarmerie, ont été blessé. Deux armes appartenant à cette brigade ont été emportées par les assaillants. Les éléments blessés ont été transférés à l’hôpital régional de Bamenda», relève le Général.
Il faut noter que quelques heures avant cette attaque, la branche armée des sécessionnistes anglophone, «l’Ambazonia Defense Forces» (ADF), avait publié une vidéo, samedi nuit, pour revendiquer l’enlèvement d’une "autorité" dans la région anglophone du Nord-ouest.
Cette "autorité" qui s’exprimait elle-même dans l’enregistrement vidéo, indiquait que ses ravisseurs donnent 48 heures au gouvernement camerounais de prouver que les leaders anglophones extradés du Nigéria en janvier 2018, sont encore en vie.
Ce délai dépassé, l’ADF menace d’exécuter cette "autorité".
Le gouvernement camerounais n’a pas encore commenté cette vidéo qui fait le buzz dans les réseaux sociaux depuis samedi nuit.
Selon un communiqué publié le 8 mars par le ministre de l’Intérieur, Paul Atanga Nji, 29 éléments des forces de sécurité ont déjà trouvé la mort dans cette guerre contre les séparatistes, depuis octobre 2017.
Il indique, par ailleurs, que les séparatistes envisagent d’enlever des élèves dans des établissements scolaires des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.
Pour rappel, la crise dite anglophone avait commencé en octobre 2016 par une grève des avocats, des enseignants et des étudiants des deux régions anglophones.
Réprimés, ces mouvements d’humeur ont pris des formes armées dès décembre 2017.
Plusieurs groupes armés se sont, ainsi, installés pour défendre les intérêts du présumé Etat d’Ambazonie, révélé le 1er octobre 2017 par une déclaration symbolique de l’indépendance des deux régions anglophones du Cameroun.