Lassaad Ben Ahmed
16 Mai 2018•Mise à jour: 17 Mai 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Sept régions sur les 10 que compte le Cameroun sont sous la menace de la chenille légionnaire d’automne, a rapporté mercredi à Anadolu le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader), Henri Eyebe Ayissi.
Ce parasite qui constitue une véritable menace pour les cultures, en particulier les céréales, est en Afrique depuis 2016 selon l'Organisation de l'Alimentation et de l'agriculture, FAO.
«En effet, à ce jour, cet insecte a déjà attaqué environ 75% de la production céréalière du pays, particulièrement dans les trois régions du Nord», a précisé le ministre Henri Ayissi.
«La présence de la chenille légionnaire est plus marquée dans la région du Nord, dans laquelle elle avait déjà attaqué 36 700 hectares de plantations à fin 2017», souligne le membre du gouvernement.
En guise de riposte, le gouvernement camerounais a lancé, le 9 mai 2018, un projet d’appui au contrôle de la chenille légionnaire d’automne, avec un concours financier de 182 400 euros (120 millions de francs Cfa) débloqués la semaine dernière par la FAO, selon le ministère de l’Agriculture.
Pendant 18 mois, le gouvernement camerounais compte utiliser ce montant pour lutter contre cet insecte nocif «en utilisant deux bio-pesticides déjà homologués, sensibiliser les agriculteurs et organiser des concertations relatives à la mise en place du projet d’appui au contrôle de la chenille légionnaire avec la FAO».
«Les céréales (maïs, sorgho et mil) sont les aliments de base de la population. Laquelle population a d’ailleurs grossi ces dernières années avec l’afflux des réfugiés centrafricains et nigérians, tous nourris aux céréales par le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Si rien n’est fait pour lutter contre cet insecte ravageur, nous courrons vers la famine », s’inquiète le ministre de l’Agriculture.
Les dégâts causés par l’invasion de la chenille légionnaire d’automne, représentent une réelle menace pour les cultures et de ce fait pour la sécurité alimentaire des populations en Afrique.
«En effet, depuis le signalement de la présence de la chenille légionnaire d’automne sur le maïs, début 2016, plusieurs pays de l'Afrique Centrale (Cameroun, RDC, Congo, Tchad et RCA) ont confirmé la présence de ce ravageur», relève à Anadolu Abdoulaye Balde, le représentant résident de la FAO au Cameroun.
L'agriculture est la principale activité économique du Cameroun. Elle représente plus de 20% du PIB et occupe plus de 60% de la population active (chiffres de 2014).