Lassaad Ben Ahmed
15 Juin 2020•Mise à jour: 22 Juin 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
L'armée camerounaise a neutralisé trois combattants du mouvement sécessionniste anglophone au cours d'une « opération de reconnaissance offensive » lundi 15 juin à Muyuka, près de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, a-t-on appris du gouverneur de la région, Bernard Okalia Bilai.
« Trois assaillants ont été neutralisés, deux ont été fait prisonniers par nos forces et un blessé a réussi à s’échapper », a-t-il précisé.
D’après un fonctionnaire dans la ville de Muyuka, les groupes armés séparatistes ont interdit aux gens de sortir de chez eux ce lundi, comme c’est toujours le cas chaque lundi.
« Les séparatistes armés sillonnaient la ville pour faire respecter le mot d’ordre de la ville morte quand ils se sont heurtés à l’armée », a-t-il relevé sous couvert d’anonymat.
Cette nouvelle offensive intervient deux jours seulement après les affrontements entre les séparatistes à Jakiri dans le Nord-Ouest du pays où quatre combattants du mouvement séparatiste avaient été tués.
Malgré l’appel au cessez-le-feu, lancé le 23 mars par l’ONU par rapport à la crise sanitaire du coronavirus, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où vivent la plus grande partie de la minorité des anglophones camerounais, sont le théâtre depuis fin 2016 d’un conflit meurtrier entre des groupes armés séparatistes anglophones et les forces de l’ordre.
Dans un tweet posté la semaine passée, l’ancien secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, Herman Cohen, a plaidé pour une médiation sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine en zones anglophones afin d’éviter un chaos.
« Au Cameroun, il est clair qu’aucune des deux parties ne peut gagner sur le terrain de la guerre », a-t-il lancé.
Selon le diplomate américain, « le moment est venu pour l’Union africaine de demander au Conseil de sécurité de l’ONU de nommer un représentant spécial pour entamer un processus de médiation ».
Cohen a estimé, en revanche, que « les séparatistes ne peuvent pas forcer les citoyens anglophones à accepter l’indépendance ».
Depuis 2017, les combats entre militaires et groupes armés séparatistes, mais aussi les exactions et crimes commis par les deux camps selon des ONG, ont fait plus de 3.000 morts en trois ans et 700.000 déplacés dans les provinces anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.