Lassaad Ben Ahmed
12 Février 2020•Mise à jour: 13 Février 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Human Rights Watch a dénoncé, dans un rapport publié mercredi 12 février, des exactions commises contre les civils, aussi bien par des séparatistes que par l’armée camerounaise.
« Des séparatistes armés dans les régions anglophones du Cameroun ont enlevé plus d’une centaine de personnes, incendié des biens et menacé des électeurs dans la période précédant les élections du 9 février 2020 », a souligné Human Rights Watch (HRW) dans son rapport.
L’organisation a relevé que les séparatistes armés s’en sont pris aux personnes souhaitant participer aux élections législatives et municipales, que ce soit en tant que candidats, fonctionnaires électoraux, activistes ou citoyens.
L’ONG de défense des droits de l’homme a estimé que les forces de sécurité camerounaises n’ont pas suffisamment protégé les civils des menaces posées par les séparatistes anglophones, « mais ont plutôt commis de nouveaux abus à leur encontre au cours de la même période ».
« Plutôt que de protéger les civils contre ces attaques, les forces gouvernementales ont commis elles-mêmes des violations à leur encontre », a souligné HRW.
« Entre le 17 et le 20 janvier 2020, les forces de sécurité ont mené une opération militaire à Bali, dans la région du Nord-Ouest, détruisant plus de 50 maisons et tuant plusieurs civils, dont deux hommes présentant une incapacité intellectuelle », a dénoncé l’ONG.
L’organisation a exprimé son étonnement de la déclaration faite à la presse au soir des élections par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, indiquant que la population dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest « a massivement participé pour exercer ses devoirs civiques dans toutes les unités administratives ».
Se basant sur les rapports des médias, HRW souligne que « la participation des électeurs était faible dans ces régions à cause de l’insécurité et des craintes suscitées par les menaces et les attaques des séparatistes ».
Nombreux observateurs ont également confirmé ce constat, comme l'a rapporté Anadolu.
Le Gouvernement camerounais n'a pas réagi à ces allégations.
Des violations des droits humains commises par les séparatistes armés et les forces gouvernementales dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, sont dénoncées, au fait, depuis le début de la crise anglophone fin 2016.
« Au cours des trois dernières années, les régions anglophones du Cameroun ont été impliquées dans un cycle de violence qui a fait plus de 3 000 morts, a contraint 679 000 personnes à fuir leurs maisons et a privé 600 000 enfants d’accès à l’éducation », a estimé HRW dans son rapport du 12 février.