Nadia Chahed
30 Octobre 2018•Mise à jour: 30 Octobre 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, facilitateur dans la crise burundaise vient de mettre fin à sa mission en tant que tel, a annoncé mardi la Communauté des Etats d’Afrique de l’est, CAE, instance régionale qui l'avait désigné pour cette mission en mars 2016.
"Le Facilitateur a déclaré que cette session du dialogue ( tenue du 25 au 29 octobre à Arusha (Tanzanie)) sera la dernière qu’il préside en tant que Facilitateur", a rapporte la CAE sur son sit sans donner plus de précisions sur les motivations de cette décision.
Ce retrait est "un aveu d'échec" de la part de Mkapa qui n'a jamais réussi à mettre autour de la même table tous les protagonistes de la crise notamment les autorités et l'opposition radicale, estiment des observateurs.
Les autorités ont, d'ailleurs, boycotté le dernier round de dialogue auquel seule l'opposition a pris part et qui fut sanctionné par de simples "propositions de sortie de crise".
Benjamin Mkapa établira bientôt un rapport qu'il remettra au président tanzanien Yoweri Museveni, Médiateur dans la crise burundaise, a précisé la CAE.
Initié depuis plus de trois ans par la CAE afin de mettre fin à la crise politique qui secoue le Burundi depuis 2015, le dialogue inter-burundais n'a nullement permis de rapprocher les différentes parties prenantes ni à consacrer le consensus autour de certains points, tels la "levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques"et "e dialogue avec les groupes armé".
Depuis plus de trois ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire, liée au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qu’il a brigué en 2015, un mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé près de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 30
septembre 2018.