Lassaad Ben Ahmed
23 Mai 2018•Mise à jour: 24 Mai 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Au moins 46 personnes ont été tuées entre le 1er et le 20 mai au Burundi (période référendaire), a déclaré la Ligue burundaise des droits de l’homme, Iteka, dans un rapport spécial sur le référendum, rendu public mardi et dont Anadolu a reçu une copie.
«La Ligue Iteka, par ce rapport spécial sur le référendum constitutionnel qui s’est déroulé le 17 mai 2018, a relevé des allégations de violations et des violations des droits de l’homme et des irrégularités liées au processus électoral, observées au cours de la période du 1er au 20 mai 2018», indique la Ligue.
Cette organisation indépendante des droits de l’homme «a enregistré au moins 46 personnes tuées, 3 personnes enlevées, 32 torturées, 124 arrêtées arbitrairement et une victime des VBG (viol)».
La même source affirme que la période référendaire a été caractérisée par «des attaques armées perpétrées par des gens non identifiés, des actes ciblés de tortures et d’arrestations arbitraires».
Le Burundi a organisé, le 17 mai dernier, un référendum constitutionnel contesté par l’opposition dont les membres ont été particulièrement persécutés.
«Les victimes sont principalement des opposants politiques en compétition et en particulier ceux de la coalition des indépendants [Amizero y’Abarundi] Espoir des burundais), ayant appelé à voter non», indique la Ligue Iteka.
Bujumbura n’a pas encore réagi à ce nouveau rapport.
Le Burundi est en proie à une grave crise politique et sécuritaire depuis la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile, il y a plus de deux ans.
Les violences ayant suivi cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 430.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), publié le 30 Avril 2018.
Malgré les contestations des opposants, Pierre Nkurunziza a opté pour un forcing en lançant le processus de révision de la constitution.
La Communauté internationale a aussi dénoncé ce forcing.