AA/Tunis
*Tunisie : L'instance électorale va enquêter sur les éventuelles irrégularités constatées lors du référendum (AA)
L’Instance supérieure Indépendante pour les élections (ISIE) en Tunisie a annoncé que son conseil surveillera les déclarations, les examinera et s'exprimera sur les rapports relatifs à la campagne du référendum sur la Constitution avant la publication des résultats.
Cette annonce a été faite par le porte-parole de la commission, Mohamed Tlili Mansri, en réponse aux critiques formulées à l'encontre du président Kaïs Saïed, dont les déclarations, faites lundi matin, ont été considérées comme une "infraction électorale".
Mansri a déclaré : "Le conseil de l'instance étudiera toutes les questions et prendra une décision à leur sujet, le conseil n'a aucun problème à le faire et à les classer en tant que violation, ou infraction électorale."
Et d'ajouter que "toutes les déclarations sont suivies par les comités centraux et les agents chargés du suivi de la campagne."
La télévision publique a diffusé ce matin une intervention de Kaïs Saïed lors de son déplacement pour exprimer son vote, intervention dans laquelle il a accusé des partis (non nommés) de monter des crises de toutes pièces et de détourner l'attention du peuple des vrais problèmes, leur assurant qu'ils bénéficieraient d'un "procès équitable".
Saïed a annoncé qu'une loi électorale serait élaborée pour élire les membres du Parlement et du Conseil des régions, permettant aux "marginalisés" et aux "exclus" de participer à la prise de décision.
*Tunisie : le taux de participation au référendum constitutionnel est de 27,54 % (AA)
Le chef de la Haute Instance Supérieure Indépendante pour les Élections en Tunisie (ISIE), Farouk Bouaskar, a annoncé au soir de ce lundi, que le taux de participation au référendum sur la nouvelle constitution s'élevait à 27,54 % à 22 h 00 heures, heure tunisienne (21 h 30 GMT)
Lors d'une conférence de presse tenue par Bouaskar au Centre des médias des élections dans la capitale Tunis.
Bouaskar a déclaré qu' "à 22 h 00, 2 458 985 électeurs ont été voté en Tunisie, ce qui représente 27,54 % des électeurs inscrits".
Il a confirmé que le taux de participation reste approximatif, en attendant la fermeture du reste des bureaux de vote du continent américain (en raison du décalage horaire).
Le chef de l'ISIE a également souligné que "le processus s'est déroulé sans heurts et sans qu'aucun incident ne soit relevé".
Selon Bouaskar, le nombre d'électeurs inscrits en Tunisie est de 8 929 665, dont entre 51 % de femmes et 49 % d'hommes.
Hassan Zarkouni, directeur du bureau d’étude statistique, Sigma Conseil, a déclaré au soir du lundi que 25 % des électeurs avaient participé au référendum du 25 juillet.
Zarkouni a ajouté dans une émission de la première chaîne de la télévision publique tunisienne que "92,3 % des participants au référendum ont voté oui au projet de Constitution proposé par le président Kaïs Saïed".
Le directeur de Sigma Conseil a ajouté qu'"environ 75 % des électeurs tunisiens n'ont pas participé au scrutin".
Plus tôt dans la soirée, les bureaux de vote pour le référendum sur la nouvelle Constitution proposée par le président tunisien Kaïs Saïed, ont fermé leurs portes, en préparation du début du processus de dépouillement des voix.
*Ghannouchi : L'absence de consensus représente aujourd'hui un "danger imminent" pour la Tunisie (AA)
Le chef du mouvement Ennahdha, le président du parlement tunisien dissous, Rached Ghannouchi, a déclaré, lundi, que "l'absence de consensus représente aujourd'hui un danger imminent pour la Tunisie, et le pays a grand besoin d'une figure consensuelle comme feu Mohamed Beji Caid Essebsi" (1926-2019).
C'est ce qui ressort d'une déclaration de Ghannouchi publiée sur sa page Facebook. Il s’était auparavant recueilli sur la tombe de l'ancien président tunisien Mohamed Beji Caid Essebsi (2014-2019) à l'occasion du troisième anniversaire de sa mort.
Ghannouchi a ajouté qu'il était nécessaire d'avoir une figure consensuelle pour "l'esprit de citoyenneté, de coopération et d'unité nationale."
Il a rappelé "les exploits de Beji Caid Essebsi et son rôle dans la réussite de la révolution tunisienne à travers l'organisation, en 2011, des premières élections libres et transparentes de l'histoire du pays et l'adoption d'une politique de consensus avec "Ennahdha", qui a fait de la Tunisie un modèle de démocratie dans le monde arabe et lui a permis d'obtenir de nombreuses distinctions internationales", ajoute la déclaration.
La première rencontre entre Essebsi, chef du parti "Nidaa Tounes", et Ghannouchi, chef du mouvement "Ennahda", a eu lieu le 15 août 2013 à Paris. Les deux hommes avaient alors convenu de "mettre fin au conflit et de choisir le consensus plutôt que l’affrontement."
Ce consensus a mis fin à une grave crise politique en Tunisie, consécutive à des assassinats politiques et des opérations terroristes perpétrés dans le pays, au cours desquels deux dirigeants du "Front populaire" de gauche ont été tués, ainsi que des soldats et des agents des forces de l'ordre.
Après les élections d'octobre 2014, Ennahdha a participé à un gouvernement, avec le parti Union patriotique libre, qui fut présidé par le parti Nidaa Tounes.
L’hommage rendu par Ghannouchi à feu Beji Caid Essebsi intervient le jour où la Tunisie tient un référendum populaire sur un projet de nouvelle Constitution pour le pays, à la demande du président actuel, Kais Saïed, sur fond de crise politique et de forte polarisation entre les Tunisiens.
Ce référendum n'est qu'un maillon d'une série de mesures d'exception que Saïed a décidé d'imposer dès le 25 juillet 2021, dans un contexte de grave crise politique.
*Tunisie : Six partis d'opposition accusent Saïed de violer le silence électoral (AA)
Six partis d'opposition en Tunisie ont accusé, lundi, le président du pays, Kaïs Saïed, d'avoir rompu le silence électoral par une intervention télévisée dans laquelle il a appelé les électeurs à voter "oui" au référendum en cours sur le projet de Constitution, tout en s'en prenant à ses adversaires.
Lundi matin, la télévision publique a diffusé une intervention de Saïed accusant des partis (non nommés) de monter des crises de toutes pièces et de détourner l'attention du peuple des vrais problèmes, leur assurant qu'ils auraient à faire face à un "procès équitable".
"Le chef de l'autorité de facto, Kaïs Saïed, a prononcé un discours diffusé par la chaîne nationale après avoir voté ce matin lors du dit référendum", a déclaré le mouvement Ennahdha, dans un communiqué consulté par l'Agence Anadolu.
Le mouvement, qui disposait du bloc le plus important au sein du Parlement "dissous", a ajouté que Saïed "a intentionnellement orienté les électeurs à voter oui à son projet de Constitution, qu'il a longtemps vanté, pour s'en prendre ensuite à ses adversaires."
Et de poursuivre : "Il s'agit d'une violation claire et flagrante de la période de silence électoral, qui comprend la veille du scrutin et le jour même du scrutin jusqu'à la fin du processus de vote."
Le mouvement a condamné ce qu'il a qualifié comme " une violation de la loi "par le plus haut sommet du pouvoir, et a considéré que c'était "un indice supplémentaire du caractère factice du référendum."
Et de pointer son incompréhension face au "silence des responsables de l'Instance électorale (ISIE) sur cette infraction électorale avérée, qui renforce encore plus les doutes sur sa crédibilité."
"Cette violation de la loi, émanant du chef de l'autorité, est un indice du futur respect par les gouvernants des exigences de la Constitution et de la loi", a ajouté Ennahdha.
Le mouvement a déclaré que ce que Saïed avait fait "ajoute une infraction électorale au nombre des violations enregistrées pendant la période électorale et pendant les premières heures du jour du scrutin, dont les répercussions sur les résultats seront déterminées après la fin du processus référendaire et l'achèvement des données confirmées les concernant."
Plus tôt dans la journée de lundi, cinq partis d'opposition ont également accusé Saïed de "rompre le silence électoral" en diffusant un discours de propagande en faveur du projet de Constitution.
*Référendum: Le SNJT a reçu des plaintes de la part des journalistes (Mosaïque fm)
Le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a reçu lundi matin de nombreuses plaintes de la part des journalistes et journalistes- photographes chargés de la couverture du référendum sur le projet de la nouvelle constitution proposé par le président de la république.
Selon un communiqué publié par le SNJT, des obstacles ont entravé le travail des journalistes liés notamment aux accréditations fournies par la direction centrale de l'ISIE sans coordination avec ses instances régionales dans les différents gouvernorats.
Des journalistes et photographes tunisiens et étrangers ont été empêchés d'accomplir leur travail dans certains bureaux de vote par les responsables des centres du vote, qui ont eu recours aux sécuritaires.
Par ailleurs, des responsables des instances régionales ont refusé de fournir aux journalistes des informations sur le déroulement du processus référendaire.
Le SNJT a souligné qu'il assure le suivi du travail des journalistes et photographes sur le terrain afin de détecter tous les dépassements à leur encontre précisant que des numéros ont été mis à leur disposition pour d'éventuelles réclamations.
Le syndicat a appelé les responsables des instances régionales à fournir aux journalistes les données nécessaires du déroulement du référendum conformément au principe de transparence et du respect du droit des citoyens à l'information.
Il a également appelé les responsables des centres de vote à respecter le droit des journalistes et des photographes à couvrir toutes les étapes du processus référendaire, rappelant que les journalistes et photographes ne ménageront aucun effort pour garantir la bonne marche des opérations de vote.
Le SNJT a également appelé le ministère de l'intérieur à donner l'ordre à ses agents de permettre aux journalistes et photographes d'accomplir leur mission dans de bonnes conditions.
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