Mourad Belhaj
02 Octobre 2019•Mise à jour: 03 Octobre 2019
AA / Tunis / Yosra Ouannes
Le parti "Au Cœur de la Tunisie" a accusé, mercredi, le mouvement Ennahda d'être responsable du maintien en prison de son candidat à la présidence, Nabil Karoui et d'être à l'origine de son "exclusion" de la scène politique.
Le Parti libéral a affirmé, par la voix de son porte-parole Hatem Mliki, lors d'une conférence de presse, tenue par ce dernier dans la capitale tunisienne, qu'il ne s'allierait pas avec le mouvement d'obédience islamique.
"La coalition au pouvoir, dirigée par Ennahdha, refuse l'alternance pacifique à la tête du pouvoir et a tenté d'exclure Nabil Karoui par le biais de la modification (avortée) de la loi électorale", a déclaré Mliki.
Et d'ajouter, "Il est devenu évident que le chaos et la polarisation politique que connait le pays, sont causés par le mouvement Ennahda, qui tente de profiter de cette confusion pour se maintenir au pouvoir".
Se référant à Ennahda et au parti "Tahya Tounes", dirigé par le Chef de gouvernement, Mliki a souligné que "Karoui et son parti mettent en garde les partis qui veulent envenimer la scène politique, que le peuple réagira par les urnes".
"Nous n'appelons pas au chaos et nous ferons tout pour défendre notre parti! Nous invitons tous les citoyens à se concentrer sur l'important rendez-vous électoral du 6 octobre", a-t-il poursuivi.
Et de renchérir que le parti "n'était pas surpris par la décision de la justice de rejeter la demande de libération de leur candidat à l'élection présidentielle".
Oussama khlifi, dirigeant de "Au cœur de la Tunisie", a pour sa part déclaré qu'ils étaient "prêts à faire alliance avec toutes les forces politiques du pays, à l'exception d'Ennahda, responsable de l'appauvrissement du peuple".
Responsable au sein du même parti, Samira Chaouachi a quant à elle déclaré que "Au cœur de la Tunisie": "rejette l'alliance avec Ennahda et "Tahya Tounes", les accusant d'être à l'origine de la paupérisation dont souffre le peuple tunisien."
Et de poursuivre : "Ils veulent le garder (Karoui) en prison pour que nous n'ayons pas la majorité aux élections législatives, mais nous y arriverons, pour le salut de la Tunisie."
Ennahdha avait à maintes occasions nié ces accusations, affirmant "son respect pour l'indépendance de la justice, qu'elle a appelé à ne pas immiscer dans les tiraillements politiques, afin de la préserver de tout ce qui serait de nature à porter préjudice à sa crédibilité et à son indépendance".
La cour d'appel de la capitale a rejeté, mardi, la demande de libération de Nabil Karoui, qui avait été arrêté le 23 août sur la base d'une plainte déposée contre lui par l'ONG locale "I Watch", l'accusant de "corruption", ce qu'il continue à nier par la voix de son avocat.
L'instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) avait annoncé, le 17 septembre, que le candidat indépendant Kaïs Saïd, professeur de droit constitutionnel, s'était qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle avec 18,4% des voix, suivi de Nabil Karoui avec 15,58%.