Hussien Elkabany,Esat Fırat,Halime Afra Aksoy
16 Février 2026•Mise à jour: 17 Février 2026
AA / Le Caire / Huseyin El-Kabbani
À l’approche du mois de Ramadan, le centre de la capitale égyptienne Le Caire se pare d’illuminations, de lanternes et de décorations variées.
Dans l’atmosphère historique du quartier de Mosquée Sayyida Zeinab, situé au cœur de la ville, les lumières spéciales installées à l’occasion du Ramadan attirent l’attention des passants.
Des tentes et stands temporaires proposant des lanternes de Ramadan ainsi que des produits spécifiques au mois sacré sont, comme chaque année, présentés aux visiteurs dans une ambiance rappelant celle d’un festival.
À la tombée de la nuit, lorsque les illuminations deviennent plus visibles, le quartier offre un véritable spectacle visuel.
Avec l’approche du mois sacré, l’animation caractéristique du quartier s’intensifie, tandis que la demande pour les décorations et produits alimentaires propres au Ramadan augmente.
En Égypte, l’accueil du Ramadan s’inscrit dans des rituels profondément enracinés et transmis de génération en génération, conférant au mois sacré une joie et un caractère particuliers.
- Lanternes et traditions
Dans l’une des boutiques, un garçon de 13 ans tente de choisir une lanterne de Ramadan parmi plusieurs modèles, accompagné de sa sœur.
La scène se répète ailleurs : une petite fille tenant un ballon essaie de convaincre sa mère d’acheter une lanterne, tandis qu’un père sélectionne, avec sa famille, parmi des modèles en bois, en plastique, en métal ou en carton.
Selon leur taille et leur qualité, les prix varient de 50 livres égyptiennes (environ 1 dollar) à 1 000 livres. De nombreux visiteurs perpétuent également la tradition de se faire photographier avec des lanternes, dans ce quartier considéré comme l’un des centres les plus connus des achats de Ramadan en Égypte.
Des chants traditionnels du Ramadan résonnent depuis les boutiques. Les lanternes de Ramadan sont apparues pour la première fois en Égypte sous l’ère de État fatimide en 969, avant de devenir l’un des symboles du mois sacré.
Outre les lanternes, des étals de fruits secs et de noix, produits incontournables des achats familiaux avant le Ramadan, attirent également les visiteurs.
Pour les Égyptiens, les dattes et le lait figurent parmi les premiers aliments consommés pour rompre le jeûne après le tir du canon et l’appel à la prière du soir, souvent accompagnés de fruits secs.
- Une ambiance de festival
Au milieu des échanges commerciaux, un vendeur coiffé d’un fez danse avec une canne, attirant autour de lui une foule à l’allure festive. Les enfants se joignent à la scène, tandis que certains visiteurs portent eux aussi un fez.
Ces images colorées comptent parmi les scènes qui se répètent chaque année dans les grands marchés égyptiens à l’approche du Ramadan.
- Une tradition enracinée
La professeure égyptienne de sociologie Samiya Hizir a déclaré à Anadolu : « L’Égypte est le cœur du monde arabe et islamique et possède des traditions profondément enracinées. Accueillir le Ramadan avec enthousiasme figure parmi les principales de ces traditions. »
« L’une des caractéristiques les plus marquantes du Ramadan en Égypte est l’omniprésence des illuminations et des lanternes qui décorent les rues à travers tout le pays », a-t-elle ajouté.
L’universitaire a souligné que les familles se rendent dans ces marchés afin de faire vivre à leurs enfants la joie du Ramadan, insistant sur le fait qu’il s’agit d’une culture transmise de génération en génération.
Malgré les difficultés économiques, la persistance à acheter des lanternes et des fruits secs constitue « une manière de produire de la joie et de la transmettre aux générations futures », a-t-elle affirmé.
* Traduit du turc par Seyma Erkul Dayanc