AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
L’inflation annuelle dans la zone euro a atteint 2,5 % en mars, contre 1,9 % en février, sous l’effet de la forte hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient, selon une première estimation publiée mardi par la direction générale de la Commission européenne chargée de l'information statistique à l'échelle communautaire, Eurostat.
Il s’agit du niveau le plus élevé depuis janvier 2025 dans les 21 pays partageant la monnaie unique.
Cette progression reste toutefois légèrement inférieure aux anticipations des économistes, qui tablaient sur une inflation de 2,6 % selon Bloomberg et de 2,7 % selon FactSet.
Selon Eurostat, les prix de l’énergie ont bondi de 4,9 % sur un an en mars, alors qu’ils avaient reculé de 3,1 % en février, illustrant l’impact direct de la flambée des cours du pétrole et du gaz depuis le début du conflit régional il y a un mois.
En revanche, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, a légèrement ralenti à 2,3 %, contre 2,4 % en février, suggérant que la hausse des coûts énergétiques ne s’est pas encore diffusée à l’ensemble de l’économie.
La hausse des prix des services a ralenti à 3,2 %, celle des biens industriels à 0,5 %, tandis que celle de l’alimentation a reculé à 2,4 %.
En France, l’inflation s’est établie à 1,7 % sur un an en mars, un niveau inférieur à la moyenne de la zone euro.
Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a estimé vendredi que l’impact du conflit au Moyen-Orient pourrait retrancher entre 0,4 et 0,6 point de croissance à l’économie de l’Union européenne cette année, selon la durée des tensions.
La Commission européenne maintient toutefois à ce stade sa prévision officielle de 1,4 % de croissance pour l’UE en 2026.
Réunis lundi en visioconférence, les ministres des Finances et de l’Énergie du G7, sous présidence française, se sont dits prêts à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour préserver la stabilité des marchés énergétiques.
Dans ce contexte, les marchés surveillent de près la Banque centrale européenne (BCE), alors que la remontée de l’inflation alimente les interrogations sur une éventuelle hausse des taux directeurs.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé mercredi dernier que l’institution disposait d’un « éventail gradué d’options » pour répondre au choc énergétique, tout en soulignant qu’aucune décision ne serait prise avant de disposer d’une meilleure visibilité sur « l’ampleur, la persistance et la propagation du choc » dans l’économie.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que les tensions dans le détroit d'Ormuz, ont perturbé les flux énergétiques régionaux, contribuant à des pénuries et à une hausse des prix à l’échelle mondiale.
Le 2 mars, l’Iran a annoncé des restrictions de navigation dans ce passage stratégique pour les pétroliers, menaçant de cibler tout navire tentant de le traverser sans coordination.
Environ 20 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par ce détroit, et sa fermeture de facto a entraîné une hausse des prix du pétrole ainsi que des coûts du transport maritime et des assurances, alimentant les inquiétudes économiques mondiales.