Volkswagen négocierait avec l’entreprise israélienne Rafael pour produire des composants du Dôme de fer

- Menacée de fermeture, l’usine allemande pourrait passer de l’automobile à la défense antimissile. L'entreprise cherche à préserver 2 300 emplois et s’inscrire dans un partenariat militaire européen majeur

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Menacé de fermeture, le site allemand Volkswagen d’Osnabrück pourrait connaître une reconversion stratégique majeure : l’usine pourrait passer de la production automobile à la fabrication de composants du système israélien de défense antimissile Dôme de fer, selon des informations du quotidien économique et financier britannique Financial Times.

Volkswagen serait en pourparlers avec l’entreprise israélienne Rafael Advanced Defense Systems pour établir cet accord, soutenu activement par le gouvernement allemand; l’objectif étant de préserver les 2 300 emplois du site et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le marché européen de la défense.

Cette évolution marquerait un retour historique de Volkswagen dans le secteur de l’armement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’usine avait produit les missiles V1 pour la Wehrmacht ainsi que des véhicules militaires.

Le Dôme de fer, système phare de la défense aérienne israélienne, a intercepté des milliers de roquettes depuis sa mise en service en 2011, offrant une protection cruciale en période de conflit. Il affiche un taux d’interception d’environ 90 %, selon Rafael, et a été développé en coopération avec les États-Unis, qui ont fourni soutien technique et financier.

Cette initiative intervient alors que Volkswagen traverse une période difficile : le groupe a annoncé en décembre 2024 la suppression de plus de 35 000 emplois en Allemagne d’ici 2030 et la réduction de sa production sur le territoire, en partie à cause de la concurrence chinoise et de l’attrait limité de ses modèles électriques. L’usine d’Osnabrück, dont la production automobile devait cesser mi-2027, était à la recherche d’un repreneur.

Israël et l’Allemagne ont par ailleurs renforcé leur coopération en matière de défense ces derniers mois, signant en janvier un pacte de sécurité pour développer leur collaboration dans la lutte contre le terrorisme et la cyberdéfense. En décembre, Berlin a approuvé l’extension d’un contrat de 3,1 milliards de dollars pour le système antimissile balistique Arrow 3, fabriqué en Israël avec le soutien américain.

Un porte-parole de Volkswagen a précisé au Financial Times, que l’entreprise était en discussion avec « divers acteurs du marché », mais qu’« aucune décision concrète n’avait été prise concernant l’avenir du site d’Osnabrück ».

Cette reconversion stratégique pourrait permettre à l’usine historique d’éviter la fermeture tout en s’inscrivant dans un partenariat militaire international majeur.