France : L’assurance-vie enregistre un niveau de collecte record en février, inédit depuis 20 ans

- Les Français ont déposé 7,1 milliards d’euros de plus qu’ils n’en ont retiré, dans un contexte de forte épargne et de baisse des rendements des livrets réglementés

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

L’assurance-vie en France a enregistré en février une collecte nette de 7,1 milliards d’euros, un niveau inédit pour ce mois depuis vingt ans, selon des données publiées vendredi par la fédération professionnelle France Assureurs.

Ce montant correspond à la différence entre les dépôts effectués par les épargnants et les retraits sur leurs contrats, traduisant un regain d’attractivité de ce produit d’épargne dans un environnement économique marqué par la baisse des taux d’intérêt des livrets réglementés.

Selon France Assureurs, cette dynamique s’inscrit dans un début d’année 2026 « très dynamique » sur le plan commercial, porté notamment par un niveau élevé d’épargne des ménages français. En 2025, ces derniers ont épargné 18,3 % de leur revenu disponible brut, d’après les données de l’Insee.

Désaffection des livrets réglementés

Dans le même temps, les produits d’épargne réglementés, tels que le Livret A, enregistrent une perte d’attractivité. En février, les encours du Livret A ont reculé de 740 millions d’euros, selon la Caisse des dépôts.

Cette tendance s’explique notamment par la baisse progressive de leur rémunération, passée de 3 % à 1,5 % entre 2025 et février 2026, dans un contexte de ralentissement de l’inflation.

À fin février, les encours de l’assurance-vie atteignaient ainsi 2.143 milliards d’euros, contre environ 612 milliards d’euros pour le Livret A et le LDDS cumulés.

Par ailleurs, les épargnants se tournent davantage vers les unités de compte (UC), qui représentent 41 % des versements en février. Ces supports, plus exposés aux marchés financiers, offrent des rendements potentiellement plus élevés que les fonds en euros, dont le capital est garanti.

Les rendements moyens des fonds en euros s’établissaient autour de 2,6 % en 2025, contre environ 4,7 % pour les unités de compte, selon les données du secteur.

Selon les analystes, l’assurance-vie bénéficie depuis plus d’un an d’un environnement favorable, marqué par la baisse des taux des produits d’épargne réglementés et la bonne tenue des marchés financiers.

La tendance pourrait se poursuivre dans les mois à venir, notamment avec la fermeture progressive de certains plans d’épargne logement anciens, susceptibles de rediriger une partie de l’épargne vers l’assurance-vie.

Ce regain d’intérêt confirme le rôle central de l’assurance-vie dans la stratégie d’épargne des ménages français, dans un contexte de recomposition des placements financiers.