Turquie

Turquie: un jeune Syrien victime de graves brûlures au visage souhaite retrouver une vie normale

- Abdourrezzak Ridoush a été brûlé par la poêle de chauffage alors qu'il était âgé d'un an

Ethem Emre Özcan, Arif Konak   | 29.11.2021
Turquie: un jeune Syrien victime de graves brûlures au visage souhaite retrouver une vie normale

Ankara

AA / Ankara

Abdourrezzak Ridoush, jeune Syrien originaire d'Idlib âgé de 23 ans, victime de graves brûlures au visage et à la main, souhaite retrouver une vie normale en Turquie, où il s'est réfugié.

Il a été brûlé par la poêle alors qu'il était âgé d'un an, et réside aujourd'hui en Turquie où il caresse le rêve est de se débarrasser de ses cicatrices et de passer le reste de sa vie sans être discriminé.

Le jeune Syrien passe la quasi-totalité de son temps enfermé à la maison et ne sort que par mauvais temps ou dans la soirée parce qu'il estime que les gens ont peur et sont dégoûtés de lui.

Les déboires de Ridoush ont davantage accru avec la guerre civile déclenchée dans son pays en mars 2011. Les attaques des forces du Régime de Bachar al-Assad l'ont contraint à quitter son village en 2018 et à se réfugier à Idleb, et en Turquie depuis 2019, ou il espère être soigné.

Il vit désormais dans la capitale turque, Ankara, loin de sa famille, et subvient à ses besoins grâce aux philanthropes et l'argent qu'il gagne de la collecte de plastiques dans les poubelles.

"J'étais seul à la maison au moment de l'incident. Les médecins ont dit que la chirurgie ne pouvait être pratiquée qu'après l'âge de 5 ans. Mais la médecine en Syrie n'est pas très avancée. Je n'ai pas pu me faire soigner. Les chirurgies plastiques coûtent très cher et notre situation financière est défavorable", a confié Ridoush au cours d'une interview accordée à l'Agence Anadolu (AA).

La vie éducative de Ridoush n'a duré qu'une journée, car il a été refoulé par son enseignant. Celui-ci avait estimé qu'il effrayait d'autres enfants.

Ridoush a affirmé vivre différemment à cause des cicatrices ayant envahi son visage.

"Cela me fait mal au cœur que les gens me regardent avec pitié. Je ne veux plus que les gens me voient, se moquent de moi et me regardent avec pitié. Je suis toujours à la maison. Je veux travailler, mais cela n'est pas possible", a-t-il dit.

Le jeune Syrien a souligné qu'il souhaite vivre comme des personnes normales.

"L'un des pires souvenirs, je l'ai vécu en 2018 lorsque j'ai quitté mon village vers un autre lieu. C'était la première fois que je sortais de mon village. Je ne peux pas oublier la façon dont les gens me regardent marcher sur la route. C'était difficile pour moi. Je n'oublierai jamais ça", a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu'il ne parvient pas à fermer les yeux même lorsqu'il dort à cause de la de sécheresse oculaire provoqué par son accident.

"Ils restent ouverts, a-t-il expliqué. Je dors sur le dos. Quand je tourne ma tête sur l'oreiller sur le côté, je me réveille immédiatement. Peu importe à quel point j'essaie de fermer mes paupières, elles restent ouvertes. Quand mes yeux touchent l'oreiller, je me réveille immédiatement à cause de la douleur."

Il a affirmé avoir bénéficié du soutien psychologique du Croissant-Rouge turc.

"Je reçois un traitement psychologique depuis un an. Je prends des antidépresseurs juste pour ne pas trop réfléchir", a-t-il poursuivi.

Tout en remerciant les autorités turques, Ridoush a lancé un cri de cœur afin qu'une solution soit enfin trouvé pour son cas.

"Les gens en Turquie sont généralement cultivés et ressentent ma douleur quand ils me voient. Mais il y a encore des personnes qui me défigurent lorsqu'ils m'aperçoivent, et cela me fait très mal. J'espère que mon cri sera entendu", a-t-il conclu.

*Traduit du turc par Alex Sinhan Bogmis

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