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Sommet des médias Turquie-Afrique : les professionnels de l'information en conclave à Istanbul

- Un sommet organisé par la Direction de la communication de la présidence turque, marquant la Journée de l'Afrique du 25 mai

Seda Sevencan, Rabia İclal Turan   | 25.05.2022
Sommet des médias Turquie-Afrique : les professionnels de l'information en conclave à Istanbul

Istanbul

AA / Istanbul / Seda Sevencan et Iclal Turan

Lors d'un sommet des médias organisé dans la métropole Istanbul, des journalistes d'Afrique et de Turquie ont discuté, mercredi, des défis auxquels les professionnels des médias sont confrontés dans le sillage de la pandémie de coronavirus.

Intervenant lors de ce sommet, qui se poursuit pendant deux jours, Erman Yuksel, rédacteur en chef de l'Agence Anadolu responsable des langues du monde, a déclaré que les médias numériques sont un véritable "atout" pour les journalistes : accès rapide aux informations et aux données, interaction avec le public cible et analyse des habitudes des lecteurs.

La numérisation a toutefois entraîné diverses complications, notamment la propagation rapide de fausses informations, qui a empiré pendant la pandémie, a déclaré Yuksel lors de l'événement.

Le sommet, qui marque la Journée de l'Afrique du 25 mai, a débuté par un discours d'ouverture prononcé par le directeur des communications de la présidence turque, Fahrettin Altun. Ce sommet est organisé par la Direction des communications de la présidence turque.

Outre Erman Yuksel, d'autres intervenants étaient également au nombre des participants : Oguz Goksu, universitaire et membre du conseil d'administration de la TRT, Kayode Akintemi, rédacteur en chef du GNEC Media Group du Nigeria, Queenter Mbori, directrice du Standard Group Women Network du Kenya, Given Mkhari, président exécutif du MSG Media Group d'Afrique du Sud, et Ibrahim Altay, rédacteur en chef du Daily Sabah.

Soulignant le rôle des journalistes dans la lutte contre la désinformation et les fausses nouvelles, Erman Yuksel a indiqué que l'Agence Anadolu allait bientôt lancer un service de vérification des faits (fact-checking) dans le but de mettre au jour les fausses informations en circulation et d'en révéler les sources.

La qualité du contenu a également baissé pendant la pandémie, a-t-il relevé, ajoutant que le journalisme numérique s'appuie principalement sur les agences, tandis que les informations radiodiffusées reposent souvent sur des émissions de débat.

Le déclin de la qualité du contenu pendant la pandémie pose un problème pour le journalisme, a estimé Yuksel : "C'est un danger pour le journalisme que les contenus de fond produits sur le terrain et les informations exclusives perdent progressivement de leur valeur."

"Cela donne lieu à une certaine complaisance. Les "atouts" que j'ai précédemment évoqués nous incitent à aller dans cette direction, mais un juste équilibre doit être trouvé", a-t-il ajouté.

Il note tout de même que l'Agence Anadolu, en tant que source d'information majeure, est dans une position avantageuse, expliquant : "Avec nos correspondants sur le terrain, nous offrons une information directement issue de la source principale et de témoins avec tous les éléments qui la composent".


** Perception de la vérité


Le membre du conseil d'administration de TRT, Oguz Goksu, a quant à lui déclaré que la perception de la vérité était davantage déterminée par les nouveaux médias que par les médias traditionnels.

Il a ajouté que le contenu des médias sociaux et leur "indice" servent désormais de "mécanisme de vérification de la vérité."

Soulignant que la Turquie est un acteur important dans la lutte contre la désinformation, il a noté que des études à l'échelle mondiale ont montré que la Turquie est, parmi 37 nations, la plus exposée à la désinformation.

Ibrahim Altay, du quotidien turc anglophone Daily Sabah, a souligné la nécessité de pouvoir compter sur les informations pour orienter son quotidien en fonction des événements.

Il a toutefois déclaré qu'on ne pouvait espérer que les organisations médiatiques, y compris les journaux d'information, fournissent une couverture entièrement objective ; celles-ci présentent souvent des publicités déguisées ou affichées.

Pour sa part, Given Mkhari, du groupe sud-africain MSG Media Group, a appelé à réfléchir aux difficultés rencontrées par les journalistes africains pendant et après la pandémie de COVID-19.


** Des journalistes en première ligne


Queenter Mbori, qui est à la tête du Standard Group Women Network, basé au Kenya, a déclaré que tout au long de la crise épidémique, les journalistes ont toujours été en première ligne malgré la détérioration des conditions de travail.

Mbori a particulièrement insisté sur les défis auxquels les femmes ont été confrontées pendant la pandémie, citant des données révélant une prévalence croissante des cas de violence physique et/ou sexuelle.

Pour sa part, Kayode Akintemi, du groupe nigérian GNEC Media, a souligné les difficultés financières rencontrées par les médias africains pendant et après la pandémie, ajoutant que de nombreuses entreprises ont vu leurs revenus chuter.

Si, dans certains pays, comme les États-Unis et le Canada, les gouvernements ont soutenu les entreprises privées à la fin de l'année dernière, cela n'a pas été le cas en Afrique, a-t-il déploré.

Les difficultés économiques ont également été à l'origine de troubles mentaux chez de nombreux journalistes, selon Akintemi, qui a ajouté : "Il règne une certaine dose de dépression dans le secteur des médias mais cette question est passée sous silence."


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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