Turquie

ONG : Le bon sens est la clé pour résoudre le problème des mucilages marins

- La mer de Marmara est aux prises avec une substance épaisse et visqueuse qui a considérablement augmenté cette année en raison de nombreux facteurs

Burak Bir   | 17.06.2021
ONG : Le bon sens est la clé pour résoudre le problème des mucilages marins

Ankara

AA / Ankara / Burak Bir

Soulignant le rôle clé des mers pour une vie saine et pérenne, des ONG environnementales turques ont appelé au "bon sens" pour résoudre le problème des mucilages en Mer de Marmara.

Les organisations environnementales en Turquie ont abordé cette question avec l'Agence Anadolu, ainsi que leurs revendications et leurs attentes vis-à-vis des autorités pour résoudre ce problème.

Ayse Oruc, responsable du programme marin et de la faune sauvage pour l'antenne turque du Fonds mondial pour la nature (WWF), a déclaré que les dommages écologiques et économiques résultant de la propagation des mucilages augmentent chaque jour.

"La poursuite du problème des mucilages est une sérieuse nuisance pour la biodiversité marine. Les mucilages causent également de graves préjudices économiques, notamment dans les secteurs de la pêche, du tourisme et de la mer", a-t-elle déclaré, ajoutant que cette substance épaisse réduit non seulement le niveau d'oxygène dans la mer, mais empêche également l'entrée de la lumière, qui assure le maintien de la vie.

Le problème des mucilages n'est pas quelque chose qui se manifeste du jour au lendemain, a déclaré Oruc, mais c'est un problème qui résulte de multiples facteurs évoqués par les scientifiques depuis de nombreuses années.

"Les études scientifiques menées depuis de nombreuses années en Mer de Marmara révèlent que la température de l'eau de cette mer a entraîné une augmentation des flux de matières organiques, que les stations d'épuration ne fonctionnent pas à leur pleine capacité et que les mégaprojets ont causé des dommages à l'écosystème marin", a-t-elle ajouté.

Soulignant la nécessité de faire preuve de "bon sens", c'est-à-dire de réunir les responsables du ministère de l'environnement, les scientifiques, les autorités concernées et les ONG pour résoudre le problème des mucilages, Oruc a déclaré que la suppression des agents polluants qui atteignent la mer de Marmara et l'augmentation des sanctions de manière à ce qu'elles soient dissuasives sont également cruciales, tout comme la collecte de la "morve de mer" à la surface.

Elle a suggéré d'augmenter le nombre de zones protégées pour permettre à la mer de Marmara de respirer et a également appelé à un soutien financier pour les professionnels affectés par les mucilages tels que les pêcheurs et les professionnels du tourisme.

Elle a enfin souligné l'importance de la protection de la biodiversité et a conclu qu'il est encore possible de sauver et de restaurer la mer de Marmara grâce à un plan d'action qui prévoit des mesures urgentes et strictes.


- Le problème des mucilages montre la nécessité d'une action urgente pour les mers".


Nihan Temiz Atas, responsable des projets de biodiversité à Greenpeace Turquie, a déclaré que les mers, qui abritent d'innombrables créatures et fournissent de l'oxygène, sont vulnérables aux activités humaines destructrices telles que la crise climatique, la surpêche, la pollution par les déchets et la construction côtière.

"Le risque de mucilage, qui a commencé dans la mer de Marmara et a touché la mer Égée et la mer Noire pour diverses raisons telles que le rejet de déchets industriels et domestiques pendant des années, nous a montré que nous devons prendre des mesures urgentes pour la protection de nos mers", a-t-elle affirmé.

Elle a affirmé que les mesures doivent apporter des solutions à long terme, non seulement pour la question des mucilages, mais aussi contre tous les dangers auxquels les mers sont confrontées de nos jours.

"Au milieu de la crise climatique, si nous voulons laisser aux générations futures un pays bordé par les mers sur trois côtés, nous avons besoin d'un plan d'action qui inclut toutes les parties concernées sur une base scientifique", a ajouté Atas.

L'Association turque pour la protection de l'environnement marin (TURMEPA) a partagé avec l'agence Anadolu son récent rapport sur la question des mucilages, qui a été envoyé au ministère de l'environnement.

Le rapport, qui contient des recommandations aux autorités pour des solutions à court et à long terme, indique que l'augmentation des températures de l'eau de mer due au changement climatique, la stagnation et le cloisonnement des milieux marins et la pollution marine, ainsi que l'augmentation du volume des déchets organiques sont les principales raisons de la présence intense de mucilages.

TURMEPA a recommandé de nettoyer les mucilages de la surface de la mer, de surveiller et mesurer scientifiquement le phénomène, de revoir l'adéquation des systèmes de traitement des eaux usées et d'arrêter les déversements en eaux profondes dans les mers fermées et stagnantes, en guise de solutions à court terme.

Pour la feuille de route à long terme, l'organisation a recommandé la prévention des problèmes à la source, la coopération interinstitutionnelle et la révision de la législation ainsi qu'un plan d'action.

Cette année, les mucilages ou "morve de mer" ont été détectés en janvier, puis se sont intensifiés et étendus en avril, entraînant un problème grave contrairement aux cas précédents, qui disparaissaient généralement en un mois ou 45 jours.

Son intensité ayant continué à augmenter en mai et juin, les autorités turques ont annoncé un plan d'action global pour nettoyer la mer de Marmara.


*Traduit de l‘Anglais par Mourad Belhaj

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