Turquie

Ministre turc de la Défense: Il faut résoudre la crise russo-ukrainienne « pacifiquement »

- Dans une interview accordée par Hulusi Akar au magazine local « M 5 » spécialisé dans les affaires de la Défense et de la Stratégie

Sami Sohta   | 23.01.2022
Ministre turc de la Défense: Il faut résoudre la crise russo-ukrainienne « pacifiquement »

Ankara

AA / Ankara

Le ministre de la Défense, Hulusi Akar, a affirmé, samedi, la nécessité de résoudre la crise russo-ukrainienne pacifiquement, dans le cadre du droit international et du respect de l’intégrité du territoire ukrainien.

Akar a affiché cette position, au cours d'une interview accordée au magazine local « M 5 » spécialisé dans les affaires de la Défense et de la Stratégie, tout en évoquant une série d'autres questions, à caractère régional et sécuritaire.

Il a souligné : « Nous affirmons dans toutes les instances internationales qu'il faut résoudre la crise entre La Russie et l'Ukraine, par la voie pacifique, conformément au droit international et dans le cadre du respect du territoire ukrainien ».

Concernant la position de Moscou, qui s'oppose à la vente par la Turquie de drones à l'Ukraine, Akar a dit que « Ankara appuie la résolution des problèmes par le biais du dialogue, conformément au droit international et dans le cadre des relations de bon voisinage ».

Il a ajouté que « la Turquie maintient une série d'activités de coopération, aussi bien avec la Russie que l'Ukraine, et avec d'autres pays alliés, et ce dans plusieurs domaines dans les industries de défense », précisant que la vente de drones à l'Ukraine représente un des volets de cette coopération ».

Le ministre de la Défense a relevé que « l'importation et l’usage par l'Ukraine de ses systèmes de défense sont soumis à sa discrétion, et que partant, il ne faut pas reprocher à la Turquie d'exporter ses équipements », indiquant que l'Ukraine constitue un partenaire « des belles opportunités » pour l’OTAN.

Il a ajouté, dans ce contexte, que « l'accroissement des capacités de défense de l'Ukraine s'inscrit dans le cadre du Plan de partenariat individuel de l'OTAN, et qu’en sa qualité de membre de l'Alliance atlantique, la Turquie contribue à l'accroissement de ces capacités de défense, dans le cadre de la coopération bilatérale et des relations avec l’OTAN ».

Les relations entre l'OTAN et la Russie se sont détériorées, à leur plus bas niveau, depuis la fin de la guerre froide, à cause, entre autres, des tensions recrudescentes entre Kiev et Moscou depuis près de sept ans, sur fond de l'annexion par la Russie de la Péninsule ukrainienne de la Crimée, de manière illégale, et du soutien qu'apporte Moscou aux séparatistes pro-russes à Donbass.

Les pays occidentaux ont adressé, récemment, des accusations à l’endroit de la Russie qui a stationné un grand nombre de ses soldats à proximité des frontières avec l'Ukraine.

Washington a menacé de réagir de manière « décisive, rapide et sévère » à l'endroit de la Russie, au cas où cette dernière « lancerait une attaque » contre l’Ukraine.

Quant à l'appui apporté par les Etats-Unis à des organisations terroristes, le ministre turc a estimé que « la position des Etats-Unis à l'endroit des organisations du FETÖ, du PKK et du PYD-YPG ont porté atteinte à la confiance de l'Opinion publique turque en Washington ».

Il s'est dit convaincu que « limiter les relations militaires entre la Turquie et les Etats-Unis à la simple dimension syrienne et à l'achat par Ankara des systèmes de défense aérienne S-400 serait une grave erreur ».

Akar a mis l'accent sur le fait que « les Etats-Unis ont, au lieu de résoudre ces questions de manière digne de deux pays alliés, recouru à des décisions qui impacteront inéluctablement les relations bilatérales, de manière négative ».

Le ministre turc a indiqué que son pays appuie « le traitement des questions en suspens par l’entremise du dialogue et de nature appropriée à l'esprit de l'alliance entre les deux pays ».

Il a formulé l'espoir de la Turquie de voir les Etats-Unis d'Amérique combattre les organisations terroristes, sans distinction aucune, et de rompre le soutien apporté au groupe du « PKK/YPG » en Syrie.

Il a ajouté : « Nous aspirons à une coopération des Etats-Unis avec la Turquie, membre et allié au sein de l'OTAN depuis près de 70 ans, au lieu et place de la coopération avec l'organisation terroriste du YPG ».

Concernant la situation en Méditerranée méridionale, Hulusi Akar a dit espérer que « la Grèce s'abstiendrait de prendre des mesures unilatérales qui seront de nature à impacter négativement sur la paix et la stabilité dans la région et de porter atteinte à l’atmosphère positive qui règne entre les deux pays ».

Il a souligné que « la Turquie fait partie du peloton de tête de la défense de l’aile de l'est de l'Europe, au sein de l'OTAN, contre toute forme de menace, y compris ceux du terrorisme et de l'immigration »

Il a ajouté que « la Grèce, qui est supposée appuyer les efforts déployés par la Turquie, porte atteinte au principe de la solidarité au sein de l'OTAN ».


*Traduit de l’arabe par Hatem Kattou



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