AA - Ankara
Le vice-Premier ministre turc, Tugrul Turkes, a déclaré, lundi, que l’attentat d’Ankara visait l’ensemble de la Turquie et non pas un groupe bien précis.
Tugrul Turkes était l’invité des éditorialistes de l’Agence Anadolu.
«Le seul objectif est la Turquie, a-t-il affirmé. Il ne faut pas chercher d’autres cibles. C’est l’ensemble de la Turquie et l’ensemble de la population turque qui a été visé. Pas seulement le groupe de manifestants pour la paix. C’est un acte terroriste.»
Le vice-Premier ministre a rappelé que cet attentat est le plus important de toute l’histoire de la République de Turquie. Le dernier bilan fait part de 97 victimes.
"La Turquie est un pays leader et majeur dans sa région, a-t-il poursuivi. C’est la 17ème plus grande économie du monde. Tous ceux qui ne supportent pas cette réalité peuvent être impliqués dans cette affaire. C’est pourquoi il est important d’identifier les auteurs de cette double explosion. La manière dont l’attentat a été mené, montre qu’il s’agit d’un acte bien préparé et effectué à distance. Les organisations terroristes contre lesquelles la Turquie lutte sont en mesure de réaliser ce genre d’actions.»
Turkes a expliqué que les enquêteurs devraient pouvoir identifier les auteurs grâce aux tests ADN, précisant que des individus capables de se faire exploser sont forcément des fanatiques connus des forces de sécurité, avant d’ajouter que les commanditaires seront plus longs à identifier.
«On ne peut pas dire que la Turquie n’a pas été touchée par ce drame, a-t-il dit. Nous sommes tous très profondément bouleversés. C’est une action contre la Turquie, réalisée dans sa capitale.»
Revenant sur la polémique autour des mesures de sécurité, le vice-Premier ministre a expliqué que les forces de l’ordre ne sont pas responsables d’un quelconque manquement.
«J’entends certaines personnes dire qu’il n’y avait pas de policiers sur place, a-t-il déclaré. Ceux qui disent ça auraient été les premiers à critiquer la présence des forces de l’ordre. Peut-être y aurait-il eu des bousculades. La place de la gare est ouverte au public et la circulation y est libre. La gare est à 2 ou 3 km du lieu de la manifestation. La police a mis en œuvre toutes les mesures autour de la place choisie pour la manifestation pour la paix. Là où les explosions ont eu lieu n’est pas la place où la manifestation devait se tenir. Les manifestants ont décidé d’eux-mêmes de se regrouper là-bas. Il n’est pas acceptable que certains cherchent à tirer profit politiquement de cette situation. Pour autant, les enquêteurs vont étudier ces hypothèses pour faire toute la vérité.»
Selon Turkes, les auteurs de cet attentat peuvent être Daesh, comme le PKK ou le DHKP-C (extrême gauche).
D’autre part, Tugrul Turkes a exprimé sa satisfaction face au comportement responsable du leader du Parti Républicain du Peuple (CHP), Kemal Kilicdaroglu, qui a accepté de rencontrer le Premier ministre, Ahmet Davutoglu.
«Le comportement du principal parti de l’opposition est positif, a-t-il dit. Mais il ne faut pas oublier que le gouvernement actuel est un gouvernement électoral provisoire. Ceux qui ont refusé d’y prendre part et de partager cette responsabilité, ne sont pas en position de le condamner.»
Au sujet du processus de résolution, Tugrul Turkes a indiqué que l’organisation terroriste n’a pas agit avec sincérité et qu’il a refusé d’abandonner les armes.
«Certaines choses ont voulu être faites avec bonne volonté, a-t-il expliqué. Mais l’organisation terroriste et ses soutiens ont profité de l’occasion pour se réarmer, se réorganiser et préparer de nouvelles attaques. C’est la cause principale des affrontements actuels.»
Le vice-Premier ministre a tenu également à revenir sur le rôle joué par le Parti Démocratique des Peuples (HDP) dans ce processus.
«La direction du HDP met en avant des personnes à visages ‘sympathiques’, a-t-il expliqué. Mais derrière eux se cachent ceux qui sont installés dans les montagnes et qui orientent le parti. Le HDP est l’aile politique du PKK. C’est pourquoi, j’ai le regret de dire que leurs discours sur la paix et la démocratie ne sont pas sincères. Je considère que les opérations contre les organisations terroristes doivent se poursuivirent encore pendant 100 à 150 jours. L’Etat doit impérativement obtenir des résultats. Je suis rassuré de voir cette volonté chez nos forces de sécurité.»
Pour finir, le vice-Premier ministre s’est dit satisfait de la solidarité affichée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) après les violations de l’espace aérien turc par des avions russes, tout en regrettant que les pays membres, individuellement n’aient pas partagé la même condamnation.