Çiğdem Alyanak,Ayvaz Çolakoğlu
14 Mars 2017•Mise à jour: 14 Mars 2017
AA - Istanbul (Turquie) - Ayvaz Colakoglu
Le président turc Recep Tayyip Erdogan : "certains pays européens - ne les mettons pas tous dans le même sac - ne supportent pas la monté en puissance de la Turquie, en premier lieu l'Allemagne. L'Allemagne donne un soutien, sans aucune pitié, au terrorisme".
Erdogan a répondu aux questions des journalistes, lundi, lors d'une émission retransmise en direct.
Il a d'abord abordé la campagne référendaire sur la réforme constitutionnelle qui sera soumis à référendum le 16 avril prochain.
Le président a expliqué, article par article le système présidentiel qui rentrera en vigueur en 2019 si le "oui" l'emporte.
Rappelant que c'est le peuple qui, tous les cinq ans et dans la limite de deux mandats pour le président, sera à même de juger les actions de ce dernier et décider de le reconduire ou pas.
Erdogan a longuement commenté les événements du week-end et les mesures prises par certains pays européens contre la Turquie et ses ministres.
"Lors des événements aux Pays-Bas, ce n'est pas le gouvernement central, mais la mairie qui en l'espace de quelques heures a déclaré l'état d'urgence. Pourquoi ? vous comptiez évacuer ma ministre avec un véhicule des pompiers ? Vous comptiez la faire sortir du véhicule avec des pinces hydrauliques ? Comment va-t-elle être expulsée ? Mais vous avez à faire à une femme, ce n'est pas vous qui parlez de droit des femmes ? Et cette dame, ministre de la République de Turquie voulait juste se rendre sur son territoire, dans un véhicule diplomatique, dans le bâtiment du consulat turc. Vous ne l'autorisez pas à ce rendre dans son consulat, et vous empêchez le consul de sortir. Que font-ils pour arranger tout ça ? Ils déclarent l'état d'urgence, en l'espace de deux heures."
Il a fustigé le silence des autres pays européens face aux transgressions du droit international et des droits humains les plus élémentaires commises par les Pays-Bas.
"Est-ce que quelqu'un en Europe hausse la voix face à cela ? Non. Mais lorsque la Turquie déclare l'état d'urgence en raison d'une tentative de coup d'Etat, toute l'Europe se soulève. Et à chaque visite qu'ils nous rendent, soit disant en raison du 15 juillet, la même question est posée "quand est-ce que vous comptez lever l'état d'urgence?", c'est ça leur question. Eh bien, lorsque nous auront obtenu un résultat définitif" a-t-il lancé.
Erdogan a également rappelé les diatribes verbales du Premier ministre néerlandais, qui a déclaré que c'était lui le patron.
"Les Pays-Bas écrivent, "c'est nous les patrons de ce pays" et en dessous vous trouvez ma photo barrée d'une croix... Mais, je sais bien que je ne suis pas le patron. Rutte, le patron dans mon pays c'est le peuple. Tu n'as rien compris à la démocratie, à mon avis tu dois encore travailler. Dans les démocraties, le patron d'un pays c'est le peuple. Dire le "patron c'est moi" c'est un manque de respect pour le peuple. D'ailleurs, il n'y a pas de respect chez eux. Nous n'avons jamais été le patron ou bien le maître dans ce pays".
Le président Erdogan a affirmé qu'une fois de retour à Ankara, il se réunira avec le Premier ministre Benali Yildirim pour examiner les sanctions diplomatiques à l’encontre des Pays-Bas.
Erdogan est revenu sur les raisons d'une telle agitation en Europe au sujet d'une question interne à la Turquie.
"Certains pays européens - ne les mettons pas tous dans le même sac - ne supportent pas la monté en puissance de la Turquie, en premier lieu l'Allemagne. L'Allemagne donne un soutien, sans aucune pitié, au terrorisme" a-t-il relevé.
Sur la situation en Syrie, le chef de l'Etat a qualifié de "bluff" les prétentions d'autonomie du PYD.
"Ils affabulent. Ce n'est que du bluff, ils avaient faits la même chose dans le nord de la Syrie, qu'est ce qui s'est passé ? Personne dans ce secteur ne peut faire un pas sans le consentement de la Turquie. Nous suivons tout cela de prêt" a-t-il conclu.