AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc et Porte-parole du gouvernement, Bulent Arinc, a annoncé lundi soir, après la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenu au Palais de Cankaya, que la situation à la frontière avec la Syrie avait été le principal point à l'ordre du jour.
Le Conseil des ministres s’est réuni pour la première fois depuis les élections législatives du 7 juin.
Conformément à la Constitution, l’ancien gouvernement reste aux affaires jusqu'à la formation d’un prochain gouvernement, qui devrait être une coalition entre plusieurs partis étant donné que les résultats du scrutin ne permettent à aucune formation politique de gouverner seule.
Bulent Arinc a rappelé que la frontière turque est face à un afflux important de civils syriens fuyant les combats dans leur pays et cherchant asile en Turquie.
Devant l’urgence humanitaire et sécuritaire, le Chef d’Etat Major des Armées et le Commandant de l’Armée de Terre ont soumis un rapport aux membres du Conseil, afin de définir les mesures à prendre pour sécuriser la frontière.
Bulent Arinc a déclaré que "la crise interne syrienne a atteint un seuil insupportable dans la violence, imposée par le régime qui lutte contre son propre peuple, et par l’apparition de nombreux groupes armés et la présence de combattants étrangers, obligeant de très nombreux civils à fuir vers les pays voisins."
"Nous observons que certains groupes armés kurdes veulent former une zone de contrôle proche de notre fontiere. Une stratégie de repeuplement ethnique est en cours, obligeant les autres groupes à quitter la région" a souligné Arinc.
Le vice-Premier ministre a rappelé que les démocraties occidentales ont un rôle important à jouer dans la crise syrienne. La coopération internationale, notamment entre la Turquie, les Etats-Unis et le Qatar pour «la formation des opposants au régime syrien n’est pas suffisante», a-t-il souligné.
Dans ce sens, le Premier ministre Ahmet Davutoglu avait adressé des messages aux représentants de l’UE, du G7, et de l’OTAN afin de les sensibiliser une nouvelle fois à l’urgence de la situation et de les inviter à soutenir plus fortement la Turquie dans son soutien aux réfugiés syriens.
Arinc a indiqué que les conséquences humanitaires et diplomatiques de la crise en Syrie ont été discutées grâce aux informations apportées par les ministres, en chage de ces questions, le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, et le Ministre des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu.
«La Turquie ne fermera pas ses portes aux civils qui recherchent notre aide, contrairement a beaucoup d’autres pays qui malheureusement ferment leurs yeux et leurs portes» a déclaré Arinc.
Un autre point important a été traité lors de la réunion du conseil des ministres, celui de la situation économique de la Turquie après les élections du 7 juin. Le vice-Premier ministre Ali Babacan, et le ministre des Finances Mehmet Simsek, ont présenté un exposé détaillé sur la situation.
Concernant les perspectives de formation d'un gouvernement de coalition, Bulent Arinc a indiqué que «de nombreuses spéculations peuvent faire débat dans les médias et parmi l’opinion publique, il ne faut pas se fier à des sources non connues», a-t-il recommandé ajoutant que «les partis politiques qui annoncent des conditions et des lignes rouges ne font que rendre plus difficiles les négociations».
Arinc a rappelé que le Président Recep Tayyip Erdogan avait indiqué qu’il chargerait dans l’ordre les leaders des deux partis arrivés en tête du scrutin législatif pour former une coalition. Il est donc prévu que «notre président Ahmet Davutoglu [du AK Parti] mènera les discussions nécessaires avec les autres chefs des partis pour tenter de trouver un terrain d’entente. S'il n’y parvient pas ce serait au tour de Monsieur Kilicdaroglu» a indiqué Arinc, en soulignant: «Je regrette que Kemal Kilicdaroglu ne fasse jamais allusion au Processus de Résolution, j’aimerais connaître sa position quant a la poursuite du processus».
En réponse aux questions quant à un retour possible de l'ancien président Abdullah Gul à l'activité politique, Arinc a déclaré: "Cette question ne me concerne pas en tant que porte-parole du gouvernement."