Mehmet Tosun,Selma Kasap,Yıldız Nevin Gündoğmuş,Tuncay Çakmak
19 Avril 2016•Mise à jour: 19 Avril 2016
AA - Ankara
Le ministre turc de la Santé, Mehmet Muezzinoglu, a déclaré qu’aucun pays dans le monde ne peut tolérer l’existence d’un Etat dans l’Etat.
Le ministre Muezzinoglu était l’invité des éditorialistes de l’Agence Anadolu, mardi. Il a répondu aux questions des journalistes et a commenté l’actualité nationale et internationale.
«Un Etat ne peut tolérer qu’une structure au sein de l’Etat serve une autre mission que celle de l’Etat, a-t-il assuré. Il n’est pas acceptable qu’une telle structure poursuive d’autres objectifs que ceux de servir le peuple et le pays. C’est pourquoi notre combat contre l’organisation étatique parallèle sera mené jusqu’au bout.»
Muezzinoglu a indiqué que ce combat est mené conjointement et avec détermination par toutes les structures et institutions de l’Etat.
Le ministre est ensuite revenu sur le débat sur la levée de l’immunité parlementaire des députés concernés par un dossier devant la justice.
Muezzinoglu a d’abord voulu rappeler l’importance de l'immunité des députés qui leur permet de poursuivre librement leurs combats politiques et démocratiques, ajoutant qu’en cas de mécontentement des citoyens, ceux-ci peuvent les pénaliser lors des élections suivantes.
«Mais les députés ont aussi l’obligation d’agir conformément au serment qu’ils ont fait lors de leur accession au parlement, a-t-il rappelé. Certains députés, notamment du Parti Démocratique des Peuples (HDP) sont responsables d’agissements contraire à l’unité de notre pays et soutiennent l’organisation terroriste PKK. Dans ce cas, ils ne doivent pas pouvoir bénéficier de cette immunité.»
Le ministre a expliqué que la proposition du Parti pour la Justice et le développement (AK Parti), au pouvoir, sera probablement débattu la semaine prochaine dans la commission parlementaire avant d’être soumise, dans la foulée, au vote des députés.
Mehmet Muezzinoglu est revenu, par la suite, sur la question de l’adoption d’une nouvelle constitution et du passage à un système présidentiel.
«Notre proposition de nouvelle constitution devrait être soumise au parlement avant le 1er juillet», a-t-il estimé.
«Nous ne souhaitons pas uns structure fédérale en Turquie, nous souhaitons garder notre système unitaire, a-t-il encore dit. Le Président de la République sera élu au suffrage universel (comme en août 2014) de la même manière qu’est élu le maire d’une grande ville.»
Enfin, à une question concernant le débat au sein du gouvernement sur la vente de cigarettes dans des paquets complètement noirs, le ministre de la Santé a indiqué qu’une telle mesure n’existe pour l’heure qu’en Australie et que les résultats obtenus ne sont pas significatifs.
«De plus, cette mesure fait l’objet de poursuites judiciaires car elle implique le camouflage des marques, ce qui pose des problèmes», a-t-il encore dit.
«Dans ce contexte, nous avons décidé de retirer cette mesure de l’ordre du jour du Conseil des Ministres», a-t-il ajouté, avant de conclure en annonçant que la vente de cigarettes sera bientôt interdite dans les campus universitaires.